Jésus, doux et humble de coeur, par Mgr de Ségur
Le saint, c’est-à-dire le chrétien véritable, c’est donc Jésus-Christ faisant participer un homme à sa grâce et à ses vertus. – C’est Jésus-Christ humble dans un homme humble ; c’est Jésus-Christ doux dans un homme doux ; c’est l’innocence et la chasteté immaculée de Jésus-Christ dans un homme ; c’est Jésus-Christ saint dans un pauvre pécheur qui, en son Sauveur, devient pur, bon et saint. Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur… nous dit notre saint Modèle. Sommes-nous doux de cœur ? Sommes-nous humbles de cœur ? Voilà le résumé de la grande science ; voilà le double signe très simple et très parfait ; voilà la pierre de touche à deux faces : la face de dessous, c’est l’humilité ; la face de dessus, c’est la douceur que Jésus-Christ met en première ligne, parce qu’elle est plus parfaite encore, plus difficile, plus céleste, plus sainte, plus divine s’il se peut. Au fond, disait un jour une âme très avancée dans les voies intérieures, au fond, et quand on y réfléchit bien, ce qu’il y a de plus difficile, de plus parfait, c’est la douceur. La patience, qui, selon saint Jacques, atteint la perfection, qu’est-ce après tout que la douceur dans la souffrance ?
La ressemblance avec Jésus-Christ, surtout la ressemblance avec Jésus doux, humble de cœur : voilà le miroir qui ne trompe pas. Regardons-nous-y avec les yeux d’une conscience droite et sincère. – Si nous ressemblons à Jésus-Christ, nous sommes à Lui ; si nous retraçons, au moins, dans l’ensemble, les traits de sa douceur et de son humilité, tenons-nous pour certain que nous sommes les véritables disciples du Saint des saints.
Mgr de Ségur -
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