Sainteté et tristesse, par Jean Daujat, Vivre le Christianisme
Dans la résurrection de Jésus-Christ au matin de Pâques est née une humanité entièrement nouvelle qui sera l’Eglise, une humanité en laquelle il ne reste plus rien de la recherche orgueilleuse et égoïste d’elle-même qui constitue le péché mais qui en Jésus Christ est entièrement livrée à la Vie de Dieu, à la Joie infinie qui est Dieu, une humanité qui a renoncée aux joies limitées et passagères pour se donner à la Joie infinie, une humanité qui n’est plus attachée aux créatures par des convoitises égoïstes et déréglées mais qui vivant entièrement en Jésus-Christ aime toutes choses de l’amour même dont les aime Jésus-Christ qui est l’Amour Créateur et Rédempteur. C’est cet homme nouveau qui né en nous au baptême doit se réaliser progressivement en nous au prix de la mort du vieil homme pécheur issu d’Adam. Le chrétien doit être cet homme entièrement nouveau qui n’a plus aucun attachement à ce monde et à lui-même et qui ne vit plus que pour la Vie de Dieu. Toute cupidité, toute sensualité, toute sentimentalité, tout égoïsme, tout orgueil, tout amour-propre, tout jugement propre, toute volonté propre doit disparaître du chrétien. Cette vie nouvelle est Joie parfaite, la joie pascale, car toute tristesse vient du péché et de tous les attachements déréglés, pour quiconque a renoncé totalement à tout et à soi-même il ne peut plus y avoir que la Joie, la joie de la vie ressuscitée : comment pourrait-il y avoir encore une tristesse pour un chrétien, comment pourrait-il connaître autre chose que la joie quand le triomphe de Jésus-Christ est accompli, quand Jésus-Christ est ressuscité et quand nous-mêmes sommes ressuscités en Lui ayant part à Sa résurrection et à Sa joie ? Pour le saint tout est joie et, comme le dit Léon Bloy, "il n’y a qu’une tristesse, c’est de n’être pas des saints".
Jean Daujat, Vivre le Christianisme -
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