Le Saint-Esprit, par Un chartreux, Amour et Silence (Sermons capitulaires)
Le Saint-Esprit, dont nous pouvons et devons recevoir en cette fête une nouvelle plénitude, si nous sommes prêts à lui faire accueil, est un esprit d’enfance ; c’est lui qui donne à nos cœurs de se reconnaître enfants de Dieu, leur donne l’amour et la confiance dans notre Père du ciel, comme le dit saint Paul. Cette qualité d’enfants de Dieu est ce qui nous distingue des incroyants, c’est cela même qui nous fait chrétiens. Si nous cherchons à préciser en quoi consiste l’attitude filiale, nous voyons qu’elle est faite de soumission, de liberté et de joie. Je dis soumission d’abord, parce que, en effet, on ne peut être vraiment enfant de Dieu si l’on n’a pas d’abord la générosité de l’obéissance. […] En effet, l’enfance spirituelle est faite aussi de liberté et cette liberté est fille de la soumission, de l’abandon simple et généreux ; Ubi spiritus, ibi libertas, dit encore saint Paul : où est le Saint-Esprit, là est la liberté, liberté essentiellement intérieure, qui consiste à n’être pas attaché à son amour-propre. On ne l’acquiert que par le dévouement et le recueillement. Votre travail et votre prière, mes chers frères, tendent constamment à vous libérer, et vous arriverez à cette indépendance d’autant plus vite que vous serez plus fidèles à l’un et à l’autre. Enfin, l’Esprit-Saint est un esprit de joie, car on est heureux lorsqu’on voit tomber ses chaînes. La grande tristesse de l’homme, c’est qu’il se sent en prison, et cette prison est difficile à ouvrir, car c’est celle de l’égoïsme : c’est en lui-même que l’homme est enfermé. Mais chaque acte d’obéissance, de charité, d’humilité vous délivre le cœur, et nous sentons qu’il fait un bond dans le ciel, comme un oiseau dont la cage vient d’être ouverte.
Un chartreux, Amour et Silence (Sermons capitulaires) -
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