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Coeur aimable de Jésus, par saint Alphonse de Ligori

Celui qui se révèle aimable en tous points, se fait nécessairement aimer. Ah ! si nous nous appliquions à étudier les innombrables charmes de Jésus, l’aimer deviendrait, pour nous tous, une heureuse nécessité.
Parmi tous les cœurs, nous en chercherions en vain un seul qui soit plus aimable que celui de Jésus.
Cœur entièrement pur ; cœur parfaitement saint ; cœur si rempli d’amour pour Dieu et pour nous, que ses désirs ne tendent qu’à la gloire de Dieu et à notre bonheur.
C’est le cœur où Dieu trouve toutes ses délices, toutes ses complaisances.
Dans ce cœur, se donnent rendez-vous perfections et vertus : un très ardent amour pour Dieu son Père, avec la plus grande humilité, le respect le plus profond qui se puissent rencontrer ; une souveraine confusion causée par nos péchés, dont il a pris la charge, unie à la plus absolue confiance du plus tendre des fils ; une extrême horreur pour nos fautes et une vive compassion pour nos misères ; l’excès de la souffrance, dans la plus totale conformité à la volonté divine. Ainsi est renfermé en Jésus tout ce qui se peut trouver d’aimable.
Pour certains, ce qui provoque leur affection, c’est la beauté ; pour d’autres, c’est ou l’innocence, ou la familiarité des relations, ou encore la piété. Mais que ces charmes, et bien d’autres, soient réunis dans la même personne, qui pourra ne la point aimer ? Si on nous parle d’un prince beau, humble, courtois, pieux, plein de charité, affable avec tous, rendant le bien pour le mal ; fût-il d’un pays étranger et lointain, sans le connaître, sans être connus de lui, sans aucun lien entre lui et nous, notre cœur est ravi et contraint de l’aimer. Or, Jésus-Christ, ne les possède-t-il pas, toutes ces vertus, et toutes au suprême degré ? En outre, il nous aime avec une indicible tendresse. Comment se fait-il donc qu’il trouve si peu d’affection parmi les hommes, qu’il ne soit pas l’unique objet de notre amour ? Lui l’amabilité incomparable, lui si prodigue envers nous des preuves de son amour, lui seul, oserai-je dire, est assez malheureux avec nous pour ne pas arriver à gagner notre cœur, comme s’il n’était pas assez digne de notre amour.
Voilà ce qui arrachait des larmes aux Rose de Lima, aux Catherine de Gênes, aux Thérèse, aux Marie-Madeleine de Pazzi. Devant ce spectacle de l’ingratitude des hommes, elles s’écriaient en pleurant : l’Amour n’est pas aimé !

saint Alphonse de Ligori - Dans le même thême


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