Le principe de subsidiarité..., - ou chacun son rôle !, par Père Yannick BONNET
Cet article, extrait de l'Homme Nouveau (bimensuel,catholique) du 30 janvier 2010 (n°1462) est écrit par le Père Yannik Bonnet . Il nous rappelle les propos du Pape et ce que pense l'Eglise à propos du principe de subsidiarité.
"Dans sa dernière encyclique, le Pape Benoît XVI insiste beaucoup sur le respect du principe de subsidiarité.
Que faut-il en penser?
Le principe de subsidiarité, comme le terme même de principe nous le signale, doit s'imposer à nous comme une notion première, indépendante du temps, non sujette aux modes et aux humeurs.
Il consiste à dire que dans toute organisation humaine, les actions doivent être pilotées au niveau hiérarchique le plus bas où elles peuvent l'être légitimement, compte tenu de la compétence des pilotes et dans le respect des objectifs de bien commun.
(Par exemple je dois refaire la petite route qui passe devant ma maison.
Ma famille est-elle capable de la refaire? NON
Mes voisins ensemble non plus.
A l'inverse , c'est une petite route, est ce à l'Etat de s'en charger? NON
C'est la commune qui a les compétences et qui pour le bien commun doit se charger de cette petite route.)
Pour qu'une action puisse être pilotée, il faut que le pilote en ait le pouvoir, c'est à dire à la fois la capacité et l'autorisation .
Pour que cette action reste pertinente et serve le bien commun, il faut que le pilote connaisse, et cela ne peut venir que de son supérieur, la direction dans laquelle il doit aller les progrès à promouvoir, les limites à ne pas franchir. Seul, un supérieur faisant autorité peut donc se permettre de déléguer des pouvoirs, dont il fixe les frontières en même temps qu'il indique les finalités à atteindre.
Le pouvoir que l'on reçoit ainsi n'est pas de faire ce que l'on veut, mais ce que l'on doit comme on veut, sauf bien sur ce qui est interdit .
Le maître du principe de subsidiarité est de façon évidente Dieu lui-même.
Il nous commande d'aimer, c'est le bien commun, comme on veut et c'est pour cela qu'Il nous a donné le libre arbître en interdisant ce qui est mal (tuer, voler, mentir ou se servir de l'autre comme un objet etc.). C'est à l'exemple de ce maître bienveillant que l'Eglise a inscrit ce principe de subsidiarité comme l'un des principes incontournables de sa doctrine sociale.
Une autorité morale.
Ce principe va à l'encontre de tous les modes d'organisation centralisées, où les pouvoirs sont concentrés en haut, ce qui est le signe de l'absence de confiance et d'autorité morale. Le Pape, même si certains ont volontairement confondu autorité morale et gouvernement mondial, affirme que le monde a besoin d'une autorité morale et spirituelle, celle de l'amour dans la vérité, et d'une décentralisation des pouvoirs pour une application efficace et pertinente. Et donc surtout pas d'un gouvernement mondial!
L'habitude de l'application du principe de subsidiarité doit se donner, dès l'âge de raison, dans la famille et dans l'école.
Elle doit se poursuivre dans le monde du travail par la pratique systématique de la délégation des pouvoirs.
La délégation est un risque, bien sur, à l'image de la vie et de l'amour.
La vertu de prudence ne consiste pas à fuir le risque mais au contraire à le prendre de façon raisonnée.
En donnant le libre arbitre à des créatures intelligentes, le Seigneur a pris le risque... d'être aimé par elles éternellement. N'ayez pas peur, n'ayons pas peur, de L'imiter.(...) "
Père Yannick BONNET -
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