65. Il faut enfin que la finance en tant que telle, avec ses structures et ses modalités de fonctionnement
nécessairement renouvelées après le mauvais usage qui en a été fait et qui a eu des
conséquences néfastes sur l’économie réelle, redevienne un instrument visant à une meilleure production
de richesses et au développement. Toute l’économie et toute la finance, et pas seulement quelques-
uns de leurs secteurs, doivent, en tant qu’instruments, être utilisés de manière éthique afin
de créer les conditions favorables pour le développement de l’homme et des peuples. Il est certainement
utile, et en certaines circonstances indispensable, de donner vie à des initiatives financières
où la dimension humanitaire soit dominante. Mais cela ne doit pas faire oublier que
le système financier tout entier doit être orienté vers le soutien d’un développement véritable.
Il faut surtout que l’objectif de faire le bien ne soit pas opposé à celui de la capacité effective à
produire des biens. Les opérateurs financiers doivent redécouvrir le fondement véritablement
éthique de leur activité afin de ne pas faire un usage abusif de ces instruments sophistiqués qui
peuvent servir à tromper les épargnants. L’intention droite, la transparence et la recherche de
bons résultats sont compatibles et ne doivent jamais être séparés. Si l’amour est intelligent, il
sait trouver même les moyens de faire des opérations qui permettent une juste et prévoyante
rétribution, comme le montrent, de manière significative, de nombreuses expériences dans le
domaine du crédit coopératif.
Une réglementation de ce secteur qui vise à protéger les sujets les plus faibles et à empêcher
des spéculations scandaleuses, tout comme l’expérimentation de formes nouvelles de finance
destinées à favoriser des projets de développement sont des expériences positives qu’il
faut approfondir et encourager, en faisant appel à la responsabilité même de l’épargnant. L’expérience
de la microfinance elle aussi, qui s’enracine dans la réflexion et dans l’action de citoyens humanistes
– je pense surtout à la création des Monts de Piété –, doit être renforcée et actualisée, surtout
en ces temps où les problèmes financiers peuvent devenir dramatiques pour les couches
les plus vulnérables de la population qu’il faut protéger contre les risques du prêt usuraire ou
du désespoir. Il faut que les sujets les plus faibles apprennent à se défendre des pratiques usuraires,
tout comme il faut que les peuples pauvres apprennent à tirer profit du microcrédit, décourageant
de cette manière les formes d’exploitation possibles en ces deux domaines. Puisqu’il
existe également de nouvelles formes de pauvreté dans les pays riches, la microfinance peut
apporter des aides concrètes pour la création d’initiatives et de secteurs nouveaux en faveur des
franges les plus fragiles de la société, même en une période d’appauvrissement possible de
l’ensemble de la société.
66. L’interconnexion mondiale a fait surgir un nouveau pouvoir politique, celui des consommateurs
et de leurs associations. C’est un phénomène sur lequel il faut approfondir la réflexion: il
comporte des éléments positifs qu’il convient d’encourager et aussi des excès à éviter. Il est
bon que les personnes se rendent compte qu’acheter est non seulement un acte économique
mais toujours aussi un acte moral. Le consommateur a donc une responsabilité sociale précise qui va de
pair avec la responsabilité sociale de l’entreprise. Les consommateurs doivent être éduqués en
permanence 145 sur le rôle qu’ils jouent chaque jour et qu’ils peuvent exercer dans le respect des
principes moraux, sans diminuer la rationalité économique intrinsèque de l’acte d’acheter. Dans
ce domaine des achats aussi, surtout en des moments comme ceux que nous vivons où le pouvoir
d’achat risque de s’affaiblir et où il faudra consommer de manière plus sobre, il est opportun
d’ouvrir d’autres voies, comme par exemple des formes de coopération à l’achat, telles que
les coopératives de consommation, créées à partir du XIXe siècle grâce notamment à l’initiative
des catholiques. Il est en outre utile de favoriser de nouvelles formes de commercialisation des
produits en provenance des régions pauvres de la planète afin d’assurer aux producteurs une
rétribution décente, à condition toutefois que le marché soit vraiment transparent, que les producteurs
ne reçoivent pas seulement des marges bénéficiaires supérieures mais aussi une meilleure
formation, une compétence professionnelle et technologique et qu’enfin des idéologies
partisanes ne soient pas associées à de telles expériences d’économie pour le développement. Il
est souhaitable que, comme facteur de démocratie économique, les consommateurs aient un
rôle plus décisif, à condition qu’ils ne soient pas eux-mêmes manipulés par des associations peu
représentatives.
67. Face au développement irrésistible de l’interdépendance mondiale, et alors que nous
sommes en présence d’une récession également mondiale, l’urgence de la réforme de
l’Organisation des Nations Unies comme celle de l’architecture économique et financière internationale en
vue de donner une réalité concrète au concept de famille des Nations, trouve un large écho.
On ressent également fortement l’urgence de trouver des formes innovantes pour concrétiser
le principe de la responsabilité de protéger 146 et pour accorder aux nations les plus pauvres une
voix opérante dans les décisions communes. Cela est d’autant plus nécessaire pour la recherche
d’un ordre politique, juridique et économique, susceptible d’accroître et d’orienter la collaboration
internationale vers le développement solidaire de tous les peuples. Pour le gouvernement
de l’économie mondiale, pour assainir les économies frappées par la crise, pour prévenir son
aggravation et de plus grands déséquilibres, pour procéder à un souhaitable désarmement intégral,
pour arriver à la sécurité alimentaire et à la paix, pour assurer la protection de
l’environnement et pour réguler les flux migratoires, il est urgent que soit mise en place une
véritable Autorité politique mondiale telle qu’elle a déjà été esquissée par mon Prédécesseur, le
bienheureux Jean XXIII. Une telle Autorité devra être réglée par le droit, se conformer de
manière cohérente aux principes de subsidiarité et de solidarité, être ordonnée à la réalisation
du bien commun,147 s’engager pour la promotion d’un authentique développement humain intégral qui
s’inspire des valeurs de l’amour et de la vérité. Cette Autorité devra en outre être reconnue par tous,
jouir d’un pouvoir effectif pour assurer à chacun la sécurité, le respect de la justice et des
droits 148. Elle devra évidemment posséder la faculté de faire respecter ses décisions par les
différentes parties, ainsi que les mesures coordonnées adoptées par les divers forums internationaux.
En l’absence de ces conditions, le droit international, malgré les grands progrès accomplis
dans divers domaines, risquerait en fait d’être conditionné par les équilibres de pouvoir
entre les plus puissants. Le développement intégral des peuples et la collaboration internationale
exigent que soit institué un degré supérieur d’organisation à l’échelle internationale
de type subsidiaire pour la gouvernance de la mondialisation149 et que soit finalement mis en
place un ordre social conforme à l’ordre moral et au lien entre les sphères morale et sociale,
entre le politique et la sphère économique et civile que prévoyait déjà le Statut des Nations
Unies.
CHAPITRE VI
LE DÉVELOPPEMENT DES PEUPLES
ET LA TECHNIQUE
68. Le thème du développement des peuples est intimement lié à celui du développement de
chaque homme. Par nature, la personne humaine est en tension dynamique vers son développement.
Il ne s’agit pas d’un développement assuré par des mécanismes naturels, car chacun de
nous se sait capable de faire des choix libres et responsables. Il ne s’agit pas non plus d’un développement
livré à notre fantaisie, dans la mesure où nous savons tous que nous sommes donnés
à nous-mêmes, sans être le résultat d’un auto-engendrement. En nous, la liberté humaine
est, dès l’origine, caractérisée par notre être et par ses limites. Personne ne modèle arbitrairement
sa conscience, mais tous construisent leur propre « moi » sur la base d’un « soi » qui nous
a été donné. Non seulement nous ne pouvons pas disposer des autres, mais nous ne pouvons
pas davantage disposer de nous-mêmes. Le développement de la personne s’étiole, si elle prétend en être
l’unique auteur. Analogiquement, le développement des peuples se dénature, si l’humanité croit
pouvoir se recréer en s’appuyant sur les “prodiges” de la technologie. De même, le développement
économique s’avère factice et nuisible, s’il s’en remet aux “prodiges” de la finance pour
soutenir une croissance artificielle liée à une consommation excessive. Face à cette prétention
prométhéenne, nous devons manifester un amour plus fort pour une liberté qui ne soit pas arbitraire,
mais vraiment humanisée par la reconnaissance du bien qui la précède. Dans ce but, il
faut que l’homme rentre en lui-même pour reconnaître les normes fondamentales de la loi morale
que Dieu a inscrite dans son coeur.
69 Le problème du développement est auj-ourd’hui très étroitement lié au progrès technologique
et à ses stupéfiantes applications dans le domaine de la biologie. La technique – il est bon de le
souligner - est une réalité profondément humaine, liée à l’autonomie et à la liberté de l’homme.
Elle exprime et affirme avec force la maîtrise de l’esprit sur la matière. L’esprit, rendu ainsi «
moins esclave des choses, peut facilement s’élever jusqu’à l’adoration et à la contemplation du
Créateur” ».150 La technique permet de dominer la matière, de réduire les risques, d’économiser
ses forces et d’améliorer les conditions de vie. Elle répond à la vocation même du travail humain:
par la technique, oeuvre de son génie, l’homme reconnaît ce qu’il est et accomplit son
humanité. La technique est l’aspect objectif de l’agir humain,151 dont l’origine et la raison d’être
résident dans l’élément subjectif: l’homme qui travaille. C’est pourquoi la technique n’est jamais
purement technique. Elle manifeste l’homme et ses aspirations au développement, elle exprime
la tendance de l’esprit humain au dépassement progressif de certains conditionnements matériels.
La technique s’inscrit donc dans la mission de cultiver et de garder la terre (cf. Gn 2, 15) que Dieu a
confiée à l’homme, et elle doit tendre à renforcer l’alliance entre l’être humain et
l’environnement appelé à être le reflet de l’amour créateur de Dieu.
70. Le développement technologique peut amener à penser que la technique se suffit à ellemême,
quand l’homme, en s’interrogeant uniquement sur le comment, omet de considérer tous
les pourquoi qui le poussent à agir. C’est pour cela que la technique prend des traits ambigus.
Née de la créativité humaine comme instrument de la liberté de la personne, elle peut être
comprise comme un élément de liberté absolue, liberté qui veut s’affranchir des limites que les
choses portent en elles-mêmes. Le processus de mondialisation pourrait substituer la technologie
aux idéologies,152 devenue à son tour un pouvoir idéologique qui expose l’humanité au risque
de se trouver enfermée dans un a priori d’où elle ne pourrait sortir pour rencontrer l’être et
la vérité. Dans un tel cas, tous nous connaîtrions, apprécierions et déterminerions toutes les situations
de notre vie à l’intérieur d’un horizon culturel technocratique auquel nous appartiendrions
structurellement, sans jamais pouvoir trouver un sens qui ne soit pas notre oeuvre. Cette
vision donne aujourd’hui à la mentalité techniciste tant de force qu’elle fait coïncider le vrai
avec le faisable. Mais lorsque les seuls critères de vérité sont l’efficacité et l’utilité, le développement
est automatiquement nié. En effet, le vrai développement ne consiste pas d’abord dans
le “faire”. La clef du développement, c’est une intelligence capable de penser la technique et de
saisir le sens pleinement humain du “faire” de l’homme, sur l’horizon de sens de la personne
prise dans la globalité de son être. Même quand l’homme agit à l’aide d’un satellite ou d’une
impulsion électronique à distance, son action reste toujours humaine, expression d’une liberté
responsable. La technique attire fortement l’homme, parce qu’elle le soustrait aux limites physiques
et qu’elle élargit son horizon. Mais la liberté humaine n’est vraiment elle-même que lorsqu’elle répond
à la fascination de la technique par des décisions qui sont le fruit de la responsabilité morale. Il en résulte
qu’il est urgent de se former à la responsabilité éthique dans l’usage de la technique. Partant
de la fascination qu’exerce la technique sur l’être humain, on doit retrouver le vrai sens de
la liberté, qui ne réside pas dans l’ivresse d’une autonomie totale, mais dans la réponse à l’appel
de l’être, en commençant par l’être que nous sommes nous-mêmes.
71. Les phénomènes de la technicisation aussi bien du développement que de la paix montrent
qu’il est aujourd’hui possible de détourner la mentalité technique de son lit humaniste originaire.
Le développement des peuples est souvent considéré comme un problème d’ingénierie
financière, d’ouverture des marchés, d’abattement de droits, d’investissements productifs et de
réformes institutionnelles: en définitive comme un problème purement technique. Tous ces
domaines sont assurément importants, mais on doit se demander pourquoi les choix de nature
technique n’ont connu jusqu’ici que des résultats imparfaits. La raison doit être recherchée plus
en profondeur. Le développement ne sera jamais complètement garanti par des forces, pour
ainsi dire automatiques et impersonnelles, que ce soit celles du marché ou celles de la politique
internationale. Le développement est impossible, s’il n’y a pas des hommes droits, des acteurs économiques et
des hommes politiques fortement interpellés dans leur conscience par le souci du bien commun. La compétence
professionnelle et la cohérence morale sont nécessaires l’une et l’autre. Quand l’absolutisation
de la technique prévaut, il y a confusion entre les fins et les moyens: pour l’homme d’affaires, le
seul critère d’action sera le profit maximal de la production ; pour l’homme politique, le renforcement
du pouvoir; pour le scientifique, le résultat de ses découvertes. Ainsi, il arrive souvent
que, dans les réseaux des échanges économiques, financiers ou politiques, demeurent des incompréhensions,
des malaises et des injustices; les flux des connaissances techniques se multiplient,
mais au bénéfice de leurs propriétaires, tandis que la situation réelle des populations qui
vivent sous ces flux dont elles ignorent presque tout, demeure inchangée et sans possibilité réelle
d’émancipation.
72. La paix, elle aussi, risque parfois d’être considérée comme un produit technique, fruit des
seuls accords entre les gouvernements ou d’initiatives destinées à procurer des aides économiques
efficaces. Il est vrai que bâtir la paix demande que l’on tisse sans cesse des contacts diplomatiques,
des échanges économiques et technologiques, des rencontres culturelles, des accords
sur des projets communs, ainsi que le déploiement d’efforts réciproques pour endiguer les menaces
de guerre et couper à la racine la tentation récurrente du terrorisme. Toutefois, pour que
ces efforts puissent avoir des effets durables, il est nécessaire qu’ils s’appuient sur des valeurs
enracinées dans la vérité de la vie. Autrement dit, il faut écouter la voix des populations
concernées et examiner leur situation pour en interpréter les attentes avec justesse. On doit,
pour ainsi dire, s’inscrire dans la continuité de l’effort anonyme de tant de personnes fortement
engagées pour promouvoir les rencontres entre les peuples et favoriser le développement à
partir de l’amour et de la compréhension réciproques. Parmi ces personnes, se trouvent aussi
des chrétiens, impliqués dans la grande tâche de donner au développement et à la paix un sens
pleinement humain.
73. Au développement technologique est liée la diffusion croissante des moyens de communication
sociale. Il est désormais presque impossible d’imaginer que la famille humaine puisse exister sans
eux. Pour le bien et pour le mal, ils sont insérés à ce point dans la vie du monde, qu’il semble
vraiment absurde, comme certains le font, de prétendre qu’ils seraient neutres, et de revendiquer
leur autonomie à l’égard de la morale relative aux personnes. De telles perspectives, qui
soulignent à l’excès la nature strictement technique des media, favorisent en réalité leur subordination
au calcul économique, dans le but de dominer les marchés et, ce qui n’est pas le moins,
au désir d’imposer des paramètres culturels de fonctionnement à des fins idéologiques et politiques.
Etant donné leur importance fondamentale dans la détermination des changements
dans la manière de percevoir et de connaître la réalité et la personne humaine elle-même, il devient
nécessaire de réfléchir attentivement à leur influence, en particulier sur le plan éthicoculturel
de la mondialisation et du développement solidaire des peuples. Conformément à ce
que requiert une gestion correcte de la mondialisation et du développement, le sens et la finalité
des médias doivent être recherchés sur une base anthropologique. Cela signifie qu’ils peuvent être une occasion
d’humanisation non seulement quand, grâce au développement technologique, ils offrent de
plus grandes possibilités de communication et d’information, mais surtout quand ils sont structurés
et orientés à la lumière d’une image de la personne et du bien commun qui en respecte les
valeurs universelles. Les moyens de communication sociale ne favorisent pas la liberté de tous
et n’universalisent pas le développement et la démocratie pour tous, simplement parce qu’ils
multiplient les possibilités d’interconnexion et de circulation des idées. Pour atteindre de tels
objectifs, il faut qu’ils aient pour objectif principal la promotion de la dignité des personnes et
des peuples, qu’ils soient expressément animés par la charité et mis au service de la vérité, du
bien et d’une fraternité naturelle et surnaturelle. Dans l’humanité, en effet, la liberté est intrinsèquement
liée à ces valeurs supérieures. Les media peuvent constituer une aide puissante pour
faire grandir la communion de la famille humaine et l’ethos des sociétés, quand ils deviennent
des instruments de promotion de la participation de tous à la recherche commune de ce qui est
juste.
74. Un domaine primordial et crucial de l’affrontement culturel entre la technique considérée
comme un absolu et la responsabilité morale de l’homme est aujourd’hui celui de la bioéthique, où se
joue de manière radicale la possibilité même d’un développement humain intégral. Il s’agit d’un domaine
particulièrement délicat et décisif, où émerge avec une force dramatique la question fondamentale
de savoir si l’homme s’est produit lui-même ou s’il dépend de Dieu. Les découvertes scientifiques
en ce domaine et les possibilités d’intervention technique semblent tellement avancées
qu’elles imposent de choisir entre deux types de rationalité, celle de la raison ouverte à la transcendance
et celle d’une raison close dans l’immanence technologique. On se trouve devant un “ou bien,
ou bien” (aut aut) décisif. Pourtant, la ‘rationalité’ de l’agir technique centré sur lui-même s’avère irrationnelle,
parce qu’elle comporte un refus décisif du sens et de la valeur. Ce n’est pas un hasard si la
fermeture à la transcendance se heurte à la difficulté de comprendre comment du néant a pu jaillir
l’être et comment du hasard est née l’intelligence.153 Face à ces problèmes dramatiques, la raison et
la foi s’aident réciproquement. Ce n’est qu’ensemble qu’elles sauveront l’homme. Attirée par l’agir
technique pur, la raison sans la foi est destinée à se perdre dans l’illusion de sa toute-puissance. La foi, sans la raison,
risque de devenir étrangère à la vie concrète des personnes.154
75. Paul VI avait déjà reconnu et mis en évidence l’horizon mondial de la question sociale.155
En le suivant sur ce chemin, il faut affirmer aujourd’hui que la question sociale est devenue radicalement
une question anthropologique, au sens où elle implique la manière même, non seulement de
concevoir, mais aussi de manipuler la vie, remise toujours plus entre les mains de l’homme par
les biotechnologies. La fécondation in vitro, la recherche sur les embryons, la possibilité du clonage
et de l’hybridation humaine apparaissent et sont promues dans la culture contemporaine
du désenchantement total qui croit avoir dissipé tous les mystères, parce qu’on est désormais
parvenu à la racine de la vie. C’est ici que l’absolutisme de la technique trouve son expression la
plus grande. Dans ce genre de culture, la conscience n’est appelée à prendre acte que d’une
pure possibilité technique. On ne peut minimiser alors les scénarios inquiétants pour l’avenir
de l’homme ni la puissance des nouveaux instruments dont dispose la « culture de mort ». À la
plaie tragique et profonde de l’avortement, pourrait s’ajouter à l’avenir, et c’est déjà subrepticement
in nuce (en germe), une planification eugénique systématique des naissances. D’un autre
côté, on voit une mens eutanasica (mentalité favorable à l’euthanasie) se frayer un chemin, manifestation
tout aussi abusive d’une volonté de domination sur la vie, qui, dans certaines conditions,
n’est plus considérée comme digne d’être vécue. Derrière tout cela se cachent des positions
culturelles négatrices de la dignité humaine. Ces pratiques, à leur tour, renforcent une
conception matérialiste et mécaniste de la vie humaine. Qui pourra mesurer les effets négatifs
d’une pareille mentalité sur le développement ? Comment pourra-t-on s’étonner de
l’indifférence devant des situations humaines de dégradation, si l’indifférence caractérise même
notre attitude à l’égard de la frontière entre ce qui est humain et ce qui ne l’est pas? Ce qui est
stupéfiant, c’est la capacité de sélectionner arbitrairement ce qui, aujourd’hui, est proposé
comme digne de respect. Prompts à se scandaliser pour des questions marginales, beaucoup
semblent tolérer des injustices inouïes. Tandis que les pauvres du monde frappent aux portes
de l’opulence, le monde riche risque de ne plus entendre les coups frappés à sa porte, sa conscience
étant désormais incapable de reconnaître l’humain. Dieu révèle l’homme à l’homme; la
raison et la foi collaborent pour lui montrer le bien, à condition qu’il veuille bien le voir; la loi
naturelle, dans laquelle resplendit la Raison créatrice, montre la grandeur de l’homme, mais
aussi sa misère, quand il méconnaît l’appel de la vérité morale.
76. Un des aspects de l’esprit techniciste moderne se vérifie dans la tendance à ne considérer
les problèmes et les mouvements liés à la vie intérieure que d’un point de vue psychologique, et
cela jusqu’au réductionnisme neurologique. L’homme est ainsi privé de son intériorité, et l’on
assiste à une perte progressive de la conscience de la consistance ontologique de l’âme humaine,
avec les profondeurs que les Saints ont su sonder. Le problème du développement est strictement
lié aussi à notre conception de l’âme humaine, dès lors que notre moi est souvent réduit à la psyché
et que la santé de l’âme se confond avec le bien-être émotionnel. Ces réductions se fondent
sur une profonde incompréhension de la vie spirituelle et elles conduisent à méconnaître que le
développement de l’homme et des peuples dépend en fait aussi de la résolution de problèmes
de nature spirituelle. Le développement doit comprendre une croissance spirituelle, et pas seulement matérielle,
parce que la personne humaine est une « unité d’âme et de corps »,156 née de l’amour créateur
de Dieu et destinée à vivre éternellement. L’être humain se développe quand il grandit dans
l’esprit, quand son âme se connaît elle-même et connaît les vérités que Dieu y a imprimées en
germe, quand il dialogue avec lui-même et avec son Créateur. Loin de Dieu, l’homme est inquiet
et fragile. L’aliénation sociale et psychologique, avec toutes les névroses qui caractérisent
les sociétés opulentes, s’explique aussi par des causes d’ordre spirituel. Une société du bienêtre,
matériellement développée, mais oppressive pour l’âme, n’est pas de soi orientée vers un
développement authentique. Les nouvelles formes d’esclavage de la drogue et le désespoir dans
lequel tombent de nombreuses personnes ont une explication non seulement sociologique et
psychologique, mais essentiellement spirituelle. Le vide auquel l’âme se sent livrée, malgré de
nombreuses thérapies pour le corps et pour la psyché, produit une souffrance. Il n’y pas de développement
plénier et de bien commun universel sans bien spirituel et moral des personnes, considérées dans
l’intégrité de leur âme et de leur corps.
77. L’absolutisme de la technique tend à provoquer une incapacité à percevoir ce qui ne
s’explique pas par la simple matière. Pourtant, les hommes expérimentent tous les nombreux
aspects de leur vie qui ne sont pas de l’ordre de la matière, mais de l’esprit. Connaître n’est pas
seulement un acte physique, car le connu cache toujours quelque chose qui va au-delà du donné
empirique. Chacune de nos connaissances, même la plus simple, est toujours un petit prodige,
parce qu’elle ne s’explique jamais complètement par les instruments matériels que nous
utilisons. En toute vérité, il y a plus que tout ce à quoi nous nous serions attendus; dans
l’amour que nous recevons, il y a toujours quelque chose qui nous surprend. Nous ne devrions
jamais cesser de nous étonner devant ces prodiges. En chaque connaissance et en chaque acte
d’amour, l’âme de l’homme fait l’expérience d’un « plus » qui s’apparente beaucoup à un don
reçu, à une hauteur à laquelle nous nous sentons élevés. Le développement de l’homme et des
peuples se place lui aussi à une hauteur semblable, si nous considérons la dimension spirituelle que
doit nécessairement comporter ce développement pour qu’il puisse être authentique. Il demande
des yeux et un coeur nouveaux, capables de dépasser la vision matérialiste des événements humains
et d’entrevoir dans le développement un “au-delà” que la technique ne peut offrir. Sur ce
chemin, il sera possible de poursuivre ce développement humain intégral dont le critère
d’orientation se trouve dans la force active de la charité dans la vérité.
CONCLUSION
Sans Dieu, l’homme ne sait où aller et ne parvient même pas à comprendre qui il est. Face aux
énormes problèmes du développement des peuples qui nous pousseraient presque au découragement
et au défaitisme, la parole du Seigneur Jésus Christ vient à notre aide en nous rendant
conscients de ce fait que: « Sans moi, vous ne pouvez rien faire » (Jn 15, 5); elle nous encourage:
« Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde » (Mt 28, 20). Face à l’ampleur
du travail à accomplir, la présence de Dieu aux côtés de ceux qui s’unissent en son Nom et travaillent
pour la justice nous soutient. Paul VI nous a rappelé dans Populorum progressio que
l’homme n’est pas à même de gérer à lui seul son progrès, parce qu’il ne peut fonder par luimême
un véritable humanisme. Nous ne serons capables de produire une réflexion nouvelle et
de déployer de nouvelles énergies au service d’un véritable humanisme intégral que si nous
nous reconnaissons, en tant que personnes et en tant que communautés, appelés à faire partie
de la famille de Dieu en tant que fils. La plus grande force qui soit au service du développement,
c’est donc un humanisme chrétien,157 qui ravive la charité et se laisse guider par la vérité,
en accueillant l’une et l’autre comme des dons permanents de Dieu. L’ouverture à Dieu entraîne
l’ouverture aux frères et à une vie comprise comme une mission solidaire et joyeuse. Inversement,
la fermeture idéologique à l’égard de Dieu et l’athéisme de l’indifférence, qui oublient
le Créateur et risquent d’oublier aussi les valeurs humaines, se présentent aujourd’hui
parmi les plus grands obstacles au développement. L’humanisme qui exclut Dieu est un humanisme
inhumain. Seul un humanisme ouvert à l’Absolu peut nous guider dans la promotion et la réalisation
de formes de vie sociale et civile – dans le cadre des structures, des institutions, de la
culture et de l’ethos – en nous préservant du risque de devenir prisonniers des modes du moment.
C’est la conscience de l’Amour indestructible de Dieu qui nous soutient dans
l’engagement, rude et exaltant, en faveur de la justice, du développement des peuples avec ses
succès et ses échecs, dans la poursuite incessante d’un juste ordonnancement des réalités humaines.
L’amour de Dieu nous appelle à sortir de ce qui est limité et non définitif ; il nous donne le courage
d’agir et de persévérer dans la recherche du bien de tous, même s’il ne se réalise pas immédiatement,
même si ce que nous-mêmes, les autorités politiques, ainsi que les acteurs économiques réussissons
à faire est toujours inférieur à ce à quoi nous aspirons.158 Dieu nous donne la force de lutter
et de souffrir par amour du bien commun, parce qu’Il est notre Tout, notre plus grande espérance.
Le développement a besoin de chrétiens qui ont les mains tendues vers Dieu dans un geste de prière, conscients
du fait que l’amour riche de vérité, caritas in veritate, d’où procède l’authentique développement,
n’est pas produit par nous, mais nous est donné. C’est pourquoi, même dans les moments
les plus difficiles et les situations les plus complexes, nous devons non seulement réagir
en conscience, mais aussi et surtout nous référer à son amour. Le développement suppose une
attention à la vie spirituelle, une sérieuse considération des expériences de confiance en Dieu,
de fraternité spirituelle dans le Christ, de remise de soi à la Providence et à la Miséricorde divine,
d’amour et de pardon, de renoncement à soi-même, d’accueil du prochain, de justice et de
paix. Tout cela est indispensable pour transformer les «coeurs de pierre » en « coeurs de chair »
(Ez 36, 26), au point de rendre la vie sur terre « divine » et, par conséquent, plus digne de
l’homme. Tout cela vient à la fois de l’homme, parce que l’homme est le sujet de son existence,
et de Dieu, parce que Dieu est au principe et à la fin de tout ce qui a de la valeur et qui libère: «
Le monde et la vie et la mort, le présent et l’avenir: tout est à vous ! Mais vous êtes au Christ, et
le Christ est à Dieu » (1 Co 3, 22-23). Le chrétien désire ardemment que toute la famille humaine
puisse appeler Dieu « Notre Père ! ». Avec le Fils unique, puissent tous les hommes apprendre à
prier le Père et à Lui demander, avec les mots que Jésus lui-même nous a enseignés, de savoir
Le sanctifier en vivant selon Sa volonté, et ensuite d’avoir le pain quotidien nécessaire, d’être
compréhensifs et généreux à l’égard de leurs débiteurs, de ne pas être mis à l’épreuve à l’excès
et d’être délivrés du mal (cf. Mt 6, 9-13) !
Au terme de l’Année Paulinienne, il me plaît d’exprimer ce voeu avec les paroles mêmes de
l’Apôtre dans sa Lettre aux Romains: « Que votre amour soit sans hypocrisie. Fuyez le mal avec horreur,
attachez-vous au bien. Soyez unis les uns les autres par l’affection fraternelle, rivalisez de respect les uns pour les
autres » (12, 9-10). Que la Vierge Marie, proclamée par Paul VI Mère de l’Église et honorée par le
peuple chrétien comme Miroir de la justice et Reine de la paix, nous protège et nous obtienne, par
son intercession céleste, la force, l’espérance et la joie nécessaires pour continuer à nous dévouer
généreusement à la réalisation du « développement de tout l’homme et de tous les hommes » !159
Donné à Rome, près de Saint-Pierre, le 29 juin 2009, fête des saints Apôtres Pierre et Paul,
en la cinquième année de mon pontificat.
TABLES DES MATIÈRES
INTRODUCTION 3
CHAPITRE I: Le mes sage de Populorum
progressio 15
CHAPITRE II: Le développement humain
aujourd’hui 33
CHAPITRE III: Fraternité, développement
économique et société civile 59
CHAPITRE IV: Développement des peuples,
droits et devoirs, environnement 81
CHAPITRE V: La collaboration de la famille
humaine 101
CHAPITRE VI: Le développement des peuples
et la technique 127
CONCLUSION 141
1 PAUL VI, Lett. enc. Populorum progressio (26 mars 1967), n. 22: AAS 59 (1967), 268; La Documentation catholique (par la
suite: DC ) 64 (1967) col. 682; cf. CONC. OECUM. Vat. II, Const. past. sur l’Église dans le monde de ce temps Gaudium et Spes,
n. 69, §1.
2 PAUL VI, Allocution de la messe pour la Journée du développement, Bogota, 23 août 1968: AAS 60 (1968) pp. 626-627; DC
65 (1968) col. 1547.
3 Cf. JEAN-PAUL II, Message pour la Journée mondiale de prière pour la Paix 2002: AAS 94 (2002), 132-140; DC 99 (2002)
pp. 4-8.
4 Cf. CONC. OECUM. VAT. II, Const. Past. sur l’Église dans le monde de ce temps Gaudium et Spes, n. 26.
5 Cf. JEAN XXIII, Lett. enc. Pacem in terris (11 avril 1963), nn. 68-70: AAS 55 (1963), 268-270; DC 60 (1963) col. 525-
526.
6 Cf. n. 16: loc. cit., 265; DC 64 (1967) col. 680.
7 Cf. ibid., n. 82: loc. cit., 297; DC 64 (1967) col. 701.
8 Ibid., n. 42: loc. cit., 278; DC 64 (1967) col. 689.
9 Ibid., n. 20: loc. cit., 267; DC 64 (1967) col. 681.
10 Cf. CONC. OECUM. VAT. II; Const. Past sur l’Église dans le monde de ce temps Gaudium et Spes, n.36; PAUL VI, Lett.
apost. Octogesima adveniens (14 mai 1971), n. 4: AAS 63 (1971), 403-404; DC 68 (1971) pp. 502-503; JEAN-PAUL II, Lett. enc.
Centesimus annus (1er mai 1991), n. 43: AAS 83 (1991), 847;
DC 88 (1991) p. 540.
11 PAUL VI, Lett. enc. Populorum progressio (26 mars 1967), n. 13: loc. cit., 263-264; DC 64 (1967) col. 679.
12 Cf. CONSEIL PONTIFICAL POUR LA JUSTICE ET LA PAIX, Compendium de la Doctrine Sociale de l’Église, n. 76.
13 Cf. BENOIT XVI, Discours d’inauguration de la Ve Conférence générale de l’Épiscopat d’Amérique latine et des Caraibes, Aparecida
13 mai 2007; DC 104 (2007) pp. 532-541.
14 Cf. PAUL VI, Lett. enc. Populorum progressio (26 mars 1967), nn. 3.4.5: loc. cit., 258-260; DC 64 (1967) col. 675-676.
15 Cf. JEAN-PAUL II, Lett. enc. Sollicitudo rei socialis (30 décembre 1987), nn. 6.7: AAS 80 (1988), 517-519; DC 85
(1988) p. 235.
16 Cf. PAUL VI, Lett. enc. Populorum progressio (26 mars 1967), n. 14: loc. cit., 264; DC 64 (1967) col. 679.
17 BENOIT XVI, Lett. enc. Deus caritas est (25 décembre 2005), n 18: AAS 98 (2006), 232; DC 103 (2006) p. 175.
18 Ibid., n. 6: loc. cit., 222; DC, ibid. p. 169.
19 Cf. BENOIT XVI, Discours à la Curie Romaine pour la présentation des voeux de Noël; L’Osservatore Romano en langue française
(par la suite: Oss. Rom. fr.) n. 52 (2005) pp. 3-5.
20 Cf. JEAN-PAUL II, Lett. enc. Sollicitudo rei socialis (30 décembre 1987), n. 3: loc. cit., 515; DC 85 (1988) p. 234.
21 Cf. ibid. n. 1: loc. cit. , 513-514; DC 85 (1988) p. 234.
22 Cf. ibid. n. 3: loc. cit., 515; DC 85 (1988) p. 234.
23 JEAN-PAUL II, Lett. enc. Laborem exercens (14 septembre 1981), n. 3: AAS 73 (1981), 583-584; DC 78 (1981) p. 837.
24 Cf. JEAN-PAUL II, Lett. enc. Centesimus annus (1er mai 1991), n. 3: loc. cit., 794-796; DC 88 (1991) pp. 518-519.
25 Cf. PAUL VI, Lett. enc. Populorum progressio (26 mars 1967), n. 3: loc. cit., 258; DC 64 (1967) col. 675.
26 Cf. ibid., n. 34: loc. cit., 274 ; DC 64 (1967) col. 686.
27 Cf. nn. 8-9: AAS 60 (1968), 485-487; DC 65 (1968)
col. 1445-1446; BENOIT XVI, Audience au Congrès International organisé à l’occasion du 40° anniversaire d’Humanæ vitæ, 10 mai
2008; Oss. Rom. fr. n. 20 (2008) p. 5.
28 Cf. Lett. enc. Evangelium vitæ (25 mars 1995), n. 93: AAS 87 (1995), 507-508; DC 92 (1995) pp. 397-398.
29 Cf. ibid., n. 101: loc. cit., 516-518; DC 92 (1995)
p. 401-402.
30 n. 29: AAS 68 (1976), 25; DC 73 (1976) p. 6.
31 Ibid., n. 31: loc. cit., 26; DC 73 (1976) p. 6.
32 Cf. JEAN-PAUL II, Lett. enc. Sollicitudo rei socialis (30 décembre 1987), n. 41: loc. cit., 570-572; DC 85 (1988) p. 251.
33 Cf. ibid.; IDEM, Lett. enc. Centesimus annus (1er mai 1991), nn. 5.54: loc. cit., 799.859-860; DC 88 (1991) pp. 520-521, 545-
546.
34 N. 15: loc. cit., 265; DC 64 (1967) col. 679.
35 Cf. ibid., n. 2; DC 64 (1967) col. 675; LEON XIII, Lett. enc. Rerum novarum (15 mai 1891), n. 1: Leonis XIII P.M. Acta,
XI, Romæ 1892, 97; JEAN-PAUL II, Lett. enc. Sollicitudo rei socialis
(30 décembre 1987), n. 8: loc. cit., 519-520; DC 85 (1988) pp. 235-236; IDEM., Lett. enc. Centesimus annus (1er mai 1991), n. 5:
loc. cit., 799; DC 88 (1991) pp. 520-521.
36 Cf. PAUL VI, Lett. enc. Populorum progressio (26 mars 1967), nn. 2. 13; DC 64 (1967) col. 675. 679.
37 Ibid., n. 42: loc. cit., 278; DC 64 (1967) col. 689.
38 Ibid., n. 11; DC 64 (1967) col. 678 ; cf. JEAN-PAUL II, Lett. enc. Centesimus annus (1er mai 1991), n. 25: loc. cit., 822-
824; DC 88 (1991) pp. 230-231.
39 PAUL VI, Lett. enc. Populorum progressio (26 mars 1967), n. 15: loc. cit., 265; DC 64 (1967) col. 679.
40 Ibid., n. 3: loc. cit., 258; DC 64 (1967) col. 675.
41 Ibid., n. 6: loc. cit., 260; DC 64 (1967) col. 676.
42 Ibid., n. 14: loc. cit., 264; DC 64 (1967) col. 679.
43 Ibid.; cf. JEAN-PAUL II, Lett. enc. Centesimus annus
(1er mai 1991), nn. 53-62: loc. cit., 859-867; DC 88 (1991) pp. 545-548; IDEM, Lett. enc. Redemptor hominis (4 mars 1979), n. 13-14:
AAS 71 (1979), 282-286; DC 76 (1979) pp. 308-309.
44 Cf. PAUL VI, Lett. enc. Populorum progressio (26 mars 1967), n. 12: loc. cit., 262-263; DC 64 (1967) col. 678.
45 CONC. OECUM. VAT. II, Const. past sur l’Église dans le monde de ce temps Gaudium et spes, n. 22.
46 PAUL VI, Lett. enc. Populorum progressio (26 mars 1967), n. 13: loc. cit., 263-264; DC 64 (1967) col. 679.
47 Cf. BENOIT XVI, Discours aux participants du IVe Congrès ecclésial national italien, Vérone, 19 octobre 2006, Oss. Rom.
fr. n. 43 (2006) p. 3-4.
48 Cf. PAUL VI, Lett. enc. Populorum progressio (26 mars 1967), n. 16: loc. cit., 265 ; DC 64 (1967) col. 680.
49 Ibid.
50 BENOIT XVI, Discours aux jeunes, Sydney 17 juillet 2008; DC 105 (2008) p. 778.
51 PAUL VI, Lett. enc. Populorum progressio (26 mars 1967), n. 20: loc. cit., 267; DC 64 (1967) col. 681.
52 Ibid., n. 66: loc. cit., 289-290; DC 64 (1967) col. 696.
53 Ibid., n. 21: loc. cit., 267-268; DC 64 (1967) col. 681.
54 Cf. nn. 3.29.32: loc. cit., 258.272.273; DC 64 (1967) col. 675. 684-685.
55 Cf. JEAN-PAUL II, Lett. enc. Sollicitudo rei socialis (30 décembre 1987), n. 28: loc. cit., 548-550; DC 85 (1988) p. 244.
56 PAUL VI, Lett. enc. Populorum progressio (26 mars 1967), n. 9: loc. cit., 261-262; DC 64 (1967) col. 677.
57 Cf. Lett. enc. Sollicitudo rei socialis (30 décembre 1987),
n. 20: loc. cit., 536-537; DC 85 (1988) pp. 240-241.
58 Cf. JEAN-PAUL II, Lett. enc. Centesimus annus (1er mai 1991), passim; DC 88 (1991) pp. 518-550, passim.
59 Cf. nn. 23.33: loc. cit., 268-269.273-274; DC 64 (1967) col. 682. 685-686.
60 Cf. loc. cit., 135.
61 CONC. OECUM. VAT. II, Const. past. Sur l’Église dans le monde de ce temps Gaudium et spes, n. 63.
62 Cf. JEAN-PAUL II, Lett. enc. Centesimus annus (1er mai 1991), n. 24: loc. cit., 821-822; DC 88 (1991) p. 431.
63 Cf. JEAN-PAUL II, Lett. enc. Veritatis splendor (6 août 1993), nn. 33.46.51: AAS 85 (1993), 1160.1169-1171; DC 90
(1993) pp. 913, 917, 918-920; ID., Message à l’Assemblée des Nations-Unies, 5 octobre 1995, 3; DC 92 (1995) p. 918.
64 Cf. PAUL VI, Lett. enc. Populorum progressio (26 mars 1967), n. 47: loc. cit., 280-281; DC 64 (1967) col. 690-691; JEANPAUL
II, Lett. enc. Sollicitudo rei socialis (30 décembre 1987), n. 42: loc. cit., 572-574; DC 85 (1988) p. 252.
65 Cf. BENOIT XVI, Message à la FAO pour la Journée mondiale de l’alimentation 2007: AAS 99 (2007), 933-935; DC 105
(2008) pp. 55-56.
66 Cf. JEAN-PAUL II, Lett. enc. Evangelium vitæ (25 mars 1995), nn. 18.59.63-64: loc. cit.,419-421.467-468.472-475; DC
92 (1995) pp. 359, 381, 383, 384.
67 Cf. BENOIT XVI, Message pour la Journée mondiale de la paix 2007, n. 5; DC 104 (2007) p. 57.
68 Cf. JEAN-PAUL II, Message pour la Journée mondiale de la Paix 2002, nn. 4-7,12-15: AAS 94 (2002), 134-136.138-140;
DC 99 (2002) pp. 5-6, 7-8; ID., Message pour la Journée mondiale de la Paix 2004, n. 8: AAS 96 (2004), 119; DC 101 (2004) pp.
7; ID., Message pour la Journée mondiale de la Paix 2005, n. 4: AAS 97 (2005), 177-178; DC 102 (2005) p. 5; BENOIT XVI, Message
pour la Journée mondiale de la Paix 2006, nn. 9-10: AAS 98 (2006), 60-61; DC 103 (2006) pp. 4-5; ID., Message pour la Journée
mondiale de la Paix 2007, nn. 5.14: loc. cit., 778, 782-783; DC 104 (2007) pp. 57. 59-60.
69 Cf. JEAN-PAUL II, Message pour la Journée mondiale de la Paix 2002, n. 6: loc. cit, 135; DC 99 (2002) pp. 5-6; BENOIT
XVI, Message pour la Journée mondiale de la Paix 2006, nn. 9-10: loc. cit., 60-61; DC 103 (2006) pp. 4-5.
70 Cf. BENOIT XVI, Homélie pour la messe sur l’Islinger Feld de Ratisbonne, 12 septembre 2006; DC 103 (2006) pp. 921-923.
71 Cf. BENOIT XVI, Lett. enc. Deus caritas est (25 décembre 2005), n. 1: loc. cit., 217-218; DC 103 (2006) p. 166.
72 JEAN-PAUL II, Lett. enc. Sollicitudo rei socialis (30 décembre 1987), n. 2 8: 548-550; DC 85 (1988) p. 244.
73 PAUL VI, Lett. enc. Populorum progressio (26 mars 1967), n. 19: loc. cit., 266-267; DC 64 (1967) col. 681.
74 Ibid., n. 39: loc. cit., 276-277; DC 64 (1967) col. 688.
75 Ibid., n. 75: loc. cit., 293-294; DC 64 (1967) col. 699.
76 Cf. BENOIT XVI, Lett. enc. Deus caritas est (25 décembre 2005), n. 28: loc. cit., 238-240; DC 103 (2006) pp. 178-180.
77 JEAN-PAUL II, Lett. enc. Centesimus annus (1er mai 1991), n. 59: loc. cit., 864; DC 88 (1991) p. 547.
78 PAUL VI, Lett. enc. Populorum progressio (26 mars 1967), nn. 40.85: loc. cit., 277.298-299; DC 64 (1967) col. 688. 702.
79 Ibid., n. 13: loc. cit., 263-264; DC 64 (1967) col. 679.
80 Cf. JEAN-PAUL II, Lett. enc. Fides et ratio (14 septembre 1998), n. 85: AAS 91 (1999), 72-73; DC 104 (1998) p. 932.
81 Cf. Ibid., n. 83: loc. cit., 70-71; DC 104 (1998) p. 931.
82 BENOIT XVI, Discours à l’Université de Ratisbonne, 12 septembre 2006; DC 103 (2006) pp. 924-929.
83 Cf. PAUL VI, Lett. enc. Populorum progressio (26 mars 1967), n. 33: loc. cit., 273-274; DC 64 (1967) col. 685.
84 Cf. JEAN-PAUL II, Message pour la Journée mondiale de la Paix 2000, n. 15: AAS 92 (2000), 366; DC 97 (2000) pp. 4-5.
85 Catéchisme de l’Église catholique, n. 407. Cf. JEAN-PAUL II, Lett. enc. Centesimus annus (1er mai 1991), n. 25: loc. cit., 822-
824. DC 88 (1991), pp. 530-531.
86 Cf. n.17: AAS 99 (2007), 1000. DC 105 (208) p. 22.
87 Cfr. ibid., n. 23: loc. cit., 1004-1005. DC 105 (2008) pp. 24-25.
88 Saint Augustin expose de façon détaillée cet enseignement dans le dialogue sur le libre arbitre (De libero arbitrio II
3, 8 ss.). Il indique l’existence dans l’âme humaine d’un « sens interne ». Ce sens consiste en un acte qui se réalise en dehors
des fonctions normales de la raison, acte spontané et quasi instinctif, pour lequel la raison, se rendant compte de sa condition
éphémère et faillible, admet au-dessus de soi l’existence de quelque chose d’éternel, d’absolument vrai et certain. Le
nom que saint Augustin donne à cette vérité intérieure est parfois celui de Dieu (Confessions X, 24, 35; XII, 25, 35; De libero
arbitrio II 3, 8, 27), plus souvent celui du Christ (De magistro 11, 38; Confessions VII, 18, 24; XI, 2, 4).
89 BENOIT XVI, Lett. enc. Deus caritas est (25 décembre 2005), n. 3: loc. cit., 219. DC 103 (2006) p. 167.
90 Cf. n. 49: loc. cit., 281. DC 64 (1967) col. 691.
91 JEAN-PAUL II, Lett. enc. Centesimus annus (1er mai 1991), n. 28: loc. cit., 827-828. DC 88 (1991) p. 532.
92 Cf. n. 35: loc. cit., 836-838. DC 88 (1991) pp. 535-536.
93 Cf. JEAN-PAUL II, Lett. enc. Sollicitudo rei socialis (30 décembre 1987), n. 38: loc. cit., 565-566. DC 858 (1988) pp. 249-250.
94 N. 44: loc. cit., 279. DC 64 (1967), col. 690.
95 Cf. ibid., n. 24: loc. cit., 269. DC 64 (1967) col. 682-683.
96 Cf. JEAN-PAUL II, Lett. enc. Centesimus annus (1er mai 1991), n. 36: loc. cit., 838-840. DC 88 (1991) pp. 248-249.
97 Cf. PAUL VI, Lett. enc. Populorum progressio (26 mars 1967), n. 24: loc. cit., 269. DC 64 (1967) col. 682-683.
98 Cf. JEAN-PAUL II, Lett. enc. Centesimus annus (1er mai 1991), n. 32: loc. cit., 832-833. DC 88 (1991) pp. 246-247;
PAUL VI, Lett. enc. Populorum progressio (26 mars 1967), n. 25: loc. cit., 269-270. DC 64 (1967) col. 683.
99 JEAN-PAUL II, Lett. enc. Laborem exercens (14 septembre 1981), n. 24: loc. cit., 637-638. DC 78 (1981) p. 852.
100 Ibid., n. 15: loc. cit., 616-618. DC 78 (1981) p. 846.
101 PAUL VI, Lett. enc. Populorum progressio (26 mars 1967), n. 27: loc. cit., 271. DC 64 (1967) col. 684.
102 Cf. CONGREGATION POUR LA DOCTRINE DE LA FOI, Instruction Libertatis conscientia (22 mars 1987), n. 74: AAS
79 (1987), 587. DC 83 (1986) p. 405.
103 Cf. JEAN-PAUL II, Interview au quotidien catholique La Croix, du 20 août 1997.
104 JEAN-PAUL II, Discours à l’Académie des Sciences sociales, 27 avril 2001; Oss. Rom. fr. 19 (2001), p. 9.
105 PAUL VI, Lett. enc. Populorum progressio (26 mars 1967), n. 17: loc. cit., 265-266; DC 64 (1967) col. 680.
106 Cf. JEAN-PAUL II, Message pour la Journée Mondiale de la Paix 2003, n. 5: AAS 95 (2003), 343; DC 85 (2003) p. 6.
107 Cf. ibid.
108 Cf. BENOIT XVI, Message pour la Journée Mondiale de la Paix 2007, n. 13: loc. cit., 781-782; DC 89 (2007) p. 59.
109 PAUL VI, Lett. enc. Populorum progressio (26 mars 1967), n. 65: loc. cit., 289; DC 64 (1967) col. 674-704.
110 Cf. ibid. nn. 36.37: loc. cit., 275-276; DC 64 (1967) col. 687.
111 Cf. ibid. n. 37: loc. cit., 275-276; DC 64 (1967) col. 687.
112 Cf. CONC. OECUM. VAT. II, Décr. Apostolicam actuositatem, n. 11.
113 Cf. PAUL VI, Lett. enc. Populorum Progressio (26 mars 1967), n. 14: loc. cit., 264; JEAN-PAUL II, Lett. enc. Centesimus
annus (1er mai 1991), n. 32: loc. cit., 832-833; DC 88 (1991) p. 534.
114 PAUL VI, Lett. enc. Populorum progressio (26 mars 1967) n 77: loc. cit., 295; DC 64 (1967) p. 700.
115 JEAN-PAUL II, Message pour la Journée Mondiale de la Paix 1990, n. 6: AAS 82 (1990), 150; DC 89 (1990) p. 10.
116 HERACLITE d’Ephèse (Ephèse 535 av. J-C environ – 475 av. J-C environ), Fragment 22B124, en H. Diels e W.
Kranz, Die Fragmente der Vorsokratiker, Weidmann, Berlin 19526.
117 Cf. CONSEIL PONTIFICAL POUR LA JUSTICE ET LA PAIX, Compendium de la doctrine sociale de l’Église, nn. 451-487.
118 Cf. JEAN-PAUL II, Message pour la Journée Mondiale pour la Paix 1990, n. 10: loc. cit., 152-153; DC 89 (1990) p. 11.
119 PAUL VI, Lett. enc. Populorum progressio (26 mars 1967), n. 65: loc. cit., 289; DC 64 (1967) col. 696.
120 BENOIT XVI, Message pour la Journée Mondiale de la Paix 2008, n. 7: AAS 100 (2008), 41; DC 105 (2008) p. 4.
121 Cf. BENOIT XVI, Discours aux membres de l’Assemblée Générale de l’Organisation des Nations Unies, New York, 18 avril
2008; DC 105 (2008) pp. 533-537.
122 Cf. JEAN-PAUL II, Message pour la Journée Mondiale de la Paix 1990, n. 13: loc. cit., 154-155; DC 97 (1990) pp. 11-12.
123 JEAN-PAUL II, Lett. enc. Centesimus annus (1er mai 1991), n. 36: loc. cit., 36; DC 88 (1991) pp. 536-537.
124 Ibid. n. 38: loc. cit., 840-841; DC 88 (1991) pp. 537-538; BENOIT XVI, Message pour la Journée Mondiale de la Paix 2007,
n.8: loc. cit., 779; DC 104 (2007) pp. 57-58.
125 Cf. JEAN-PAUL II, Lett. enc. Centesimus annus (1er mai 1991), n. 41: loc. cit., 843-845; DC 88 (1991) pp. 538-539