Quels sont les motifs qui, aujourd’hui, comme au premier siècle, nous poussent à nous engager dans la foi catholique, parfois même jusqu’au martyre.
Dieu a parlé. La foi du catholique est différente d’un sentiment ou d’un besoin plus fort que les autres, elle se fonde sur des preuves inébranlables.
Le catholique sait qu’il est raisonnable de croire car Dieu Lui même lui parle et lui donne les moyens d’arriver à Lui.
La science de l’apologétique étudie les preuves du caractère divin de la révélation, du sceau divin qui marque l’Eglise aujourd’hui, comme du temps de la prédication du Christ.
Evocation rapide de ces preuves, qui sont l’une des richesses incomparables du catholicisme :
« après avoir à bien des reprises et de bien des manières parlé jadis à nos pères par des prophètes, Dieu nous a parlé par son Fils, qu’il a établi héritier de toutes choses et par qui il a créé le monde » (St Paul).
Ce Jésus-Christ dont parlent les Evangiles n’est pas un héros de légende, il n’est pas né de l’inspiration des hommes.
1. C’est d’abord un personnage historique, qui a réellement vécu en Palestine, pendant l’occupation romaine au Ier siècle, dont les savants attestent l’existence comme il attestent celle d’un Napoléon, d’un Charlemagne ou de Jules César.
Or, sa prédication n’a duré que trois ans, ce qui est une courte durée par rapport aux renseignements nombreux que l’on a sur Lui. De plus il y a eu de nombreuses invasions (Barbares, etc…), ce qui a fait que beaucoup de preuves ont disparu, dont les écrits officiels comme par exemple les actes du Procès de Jésus. Justin, auteur d’Apologie de la Foi chrétienne, et martyr en 185, invite l’Empereur Antonin le Pieux à s’y référer, ce qui prouve qu’ils existaient encore à cette date
Tacite (Annales) et Pline ont parlé de lui, Suétone rend les chrétiens responsables de l’incendie de Rome. (Voir apologétique p. 23). Dès 93, un historien romain d’origine juive, Flavius Josephe, par ailleurs peu favorable au christianisme naissant, évoque dans son Histoire du peuple juif ce qu’a été pour ses contemporains ce Jésus surnommé le Christ
"A cette époque vivait un sage nommé Jésus. Sa conduite était bonne, et il était renommé pour sa vertu. Nombreux furent ceux qui, parmi les juifs et les autres nations, devinrent ses disciples. Pilate le condamna à être crucifié et à mourir. Mais ceux qui étaient devenus ses disciples ne cessèrent pas de suivre son enseignement. Ils rapportèrent qu’il leur était apparu trois jour après sa crucifixion, et qu’il était vivant. Par conséquent, il était peut-être le Messie, celui dont les prophètes ont raconté tant de merveilles".
2. Il était un homme réel, Phil II,7 : "Il se fît semblable aux hommes, offrant tous les dehors d’un homme". C’est le cœur de la question. Cet homme appelé le Christ ne s’est pas contenté, comme Bouddha ou Mahomet, de fonder une religion. Il s’est présenté aux hommes comme Dieu Lui-même. Et pas dans un sens poétique ou imagé. Les juifs l’ont bien compris "Qui me voit, voit Dieu qui m’a envoyé" (Jean XIV, 9) ; "Nous avons une loi et d’après cette loi, il doit mourir parce qu’il s’est fait Fils de Dieu" (Jean XIX, 7) ; "Il appelle encore Dieu son propre Père, se faisant divin l’égal de Dieu" (Jean V, 18) ; "Glorifie moi maintenant, Père, auprès de toi, de la gloire que j’avais auprès de toi avant que le monde existât !" (Jean XVII,5) ; "Le Père et moi, nous sommes Un" (Jean X,30). Il se laisse appeler "Mon Seigneur et Mon Dieu" (Jean, XX,28)
"Je suis de toute éternité, avant qu’Abraham ait été, je suis" Es tu le Fils de Dieu ? Tu l’as dit, je le suis. (Apologétique p.25)
Serait-ce un mensonge ? Cela concorde mal avec les témoignages des contemporains sur la sagesse et la vertu du Christ. Sa vie n’est pas un mensonge. Et quel homme irait jusqu’à mourir pour ne pas reconnaître un mensonge ?
Jésus-Christ est-il un fou un illuminé ? Cela ne paraît pas plus vraisemblable. Dès l’âge de 12 ans, il émerveillait les docteurs de la loi par la rigueur, la solidité, le génie de son enseignement, dans le Temple.
Celui que Josephe nomme un sage ne peut être pris pour un déséquilibré. Même ses plus farouches ennemis n’ont jamais songé à l’accuser de folie. Nul ne les aurait crus.
A) Il faut donc se poser sérieusement la question. Jésus Christ est-il Dieu ?
1) Pendant sa vie sur terre, il paraît effectivement doué d’un pouvoir divin.
Quel est celui-ci, à qui même les vents et les eaux obéissent ?
A Cana, Il confond d’étonnement tous les serviteurs du repas des Noces en changeant l’eau en vin.
Les miracles qui se succèdent en nombre important sont toujours faits en public et devant des incrédules.
Près de Tabqa, multiplication des pains pour environ 5000 personnes qui croyant ce prodige, veulent le faire Roi.
Enfin, à Béthanie, il ressuscite Lazare, son ami, mort, mis au tombeau quelques jours avant, en son absence.
De nombreux mois après, les juifs qui avaient vu Lazare mort, qui avaient assisté à ses funérailles, peuvent le retrouver au milieu d’eux, preuve vivante de ce pouvoir de Jésus-Christ sur la vie.
Ces miracles sont si célèbres et Lui gagnent tant de disciples que les pharisiens se réunissent en conseil et se demandent : qu’allons-nous faire ? Cet homme accompli beaucoup de miracles. Si nous le laissons faire ainsi, tous croiront en Lui.
2) Et c’est alors qu’ils complotent sa mise à mort. Cette mise à mort même va devenir la preuve la plus éclatante de la divinité du Christ. Ce Jésus de Nazareth, que pourrait-on faire de plus pour lui ôter son crédit auprès des foules ?
Il a été crucifié, il est mort, a été mis au tombeau. Son corps a été, selon la coutume, entouré de bandelettes, mis dans un linceul, et l’on a refermé sur lui le tombeau, en roulant l’une de ces énormes pierres que la force de plusieurs hommes réunis peut seule déplacer.
Plus encore, Pilate, inquiet de ce que pouvaient faire les disciples du Christ, a payé une garde pour que nul ne puisse reprendre son corps. Et voici qu’au matin du 3ème jour, ils ne trouvent plus que des linges qui ont servi à ensevelir le Christ. Lui-même apparaît ressuscité à ses disciples et à plus de 500 personnes. Il mange avec certains. Saint Thomas, le plus sceptique, peut toucher du doigt ses plaies. Si Jésus Christ n’est pas ressuscité, ma foi est vaine, dira plus tard saint Paul.
Pour confirmer encore sa divinité, le Christ semble nous avoir laissé de sa résurrection un signe tangible
3) Le linceul, où le corps du Christ mort a été déposé, et qui en garde l’empreinte.
Conservé à Turin, il a été l’objet de récentes études qui viennent confirmer la Tradition à son sujet.
On y a retrouvé des pollens de fleurs que l’on trouve surtout en Galilée, et les procédés de datation des étoffes le situent au 1er siècle.
On voit inscrites sur lui des traces étranges où l’on peut lire toute l’histoire des souffrances de la Passion.
Les médecins et les savants, de tous ordres y ont retrouvé dans ses détails les plus techniques le supplice de la flagellation, du couronnement d’épines, de la crucifixion.
Plus mystérieuse encore est la façon dont le dessin s’y est imprimé. Il ne s’agit ni d’une peinture ni de taches dues à un contact prolongé avec le Corps. Les scientifiques optent plutôt pour une impression de type photographique, qui se serait produite à l’occasion d’un dégagement intense de lumière et de chaleur, quelques jours seulement après l’inhumation.
N’est-ce pas l’approche la plus étonnante du mystère de la Résurrection ?
B) A tous ces miracles (plus de 30 dans les Evangiles), Jésus Christ apporte des prédictions.
Maître de la vie, il est aussi maître du temps, et prédit la destruction future du temple de Jérusalem que réalisera Titus en 70, la trahison d’un de ses disciples, Judas, le reniement de saint Pierre lors de sa Passion, sa propre mort sur la croix et sa résurrection.
La vie même du Christ montre sa divinité. De sa naissance à sa mort, elle est l’accomplissement exact de prophéties qui depuis des milliers d’années annoncent le Messie, Fils de David.
Et toi, Bethléem, trop petite pour être entre les villes de Judas, c’est de toi que sortira Celui qui doit être le dominateur en Israël, et dont l’origine est dès les temps anciens, dès l’éternité. Il sera grand jusqu’aux extrémités de la terre. Le prophète Isaïe annonce (Is VII,14) qu’il naîtra d’une vierge, au temps où la Judée serait sous domination étrangère. Les psaumes prophétisent l’adoration des Mages. Le prophète Aggée dit qu’Il sera présenté au 2ème temple de Jérusalem. Et effectivement, ce n’est pas dans celui de Salomon, mais dans le second, celui d’Hérode que l’Enfant Jésus est présenté à Dieu. Jérémie parle du massacre d’enfants dont sa naissance sera l’occasion. Osée annonce la fuite en Egypte. Malachie et Isaïe parlent de saint Jean Baptiste, qui le précédera dans le désert. Zacharie le salue, entrant triomphant comme Roi dans Jérusalem, monté sur une ânesse, puis vendu pour 30 pièces d’argent, jetés dans le temple pour un potier. Les psaumes et Isaïe prophétisent sa Passion, et le montrent souffleté, moqué, couvert de crachats, abreuvé de fiel. Zacharie dit que ses mains et ses pieds seront transpercés de clous. Le psaume 21 évoque son habit tiré au sort par les soldats. Sa résurrection et son ascension sont annoncées par les prophètes.
Dieu seul a pu prévoir plus de 400 ans avant, plus que dans les détails, ce nombre étonnant d’actes libres, qui devaient être le fait de plusieurs hommes : le Messie, ses disciples, et ses persécuteurs. Cette annonce est d’autant plus frappante que la liberté des pharisiens et des hommes était opposée à celle de Jésus et des apôtres et qu’évidemment, ils ne se sont pas entendus pour réaliser ses prophéties.
Pourtant, jusque dans les détails elle se sont accomplies.
On comprend alors ces paroles d’un Blaise Pascal dans les pensées : "la plus grande des preuves de Jésus sont les prophéties". C’est aussi ce à quoi Dieu a le plus de pouvoir. Il a suscité des prophéties durant 1600 ans, depuis Abraham. Quand un seul homme aurait fait un livre de prédictions sur Jésus Christ et que Jésus serait venu conformément à ces prophéties, ce serait une force infinie. Mais il y a bien plus ici. C’est une suite d’hommes qui constamment, sans variation, viennent, d’un écrit à l’autre, prédire ce même avènement.
C) Pour être certain de la force de ces prophéties, il fallait s’interroger sur l’origine, l’authenticité et la véracité des Evangiles.
N’auraient-ils pas pu être une reconstitution de série élaborée après coup par un imposteur.
Que sait-on sur les auteurs des Evangiles ? Sur ce point encore, les contemporains nous renseignent. Les quatre évangélistes, Matthieu, Marc, Luc et Jean ont bien existé, et dès les Ier et IIème siècle après Jésus Christ, on leur attribue les Evangiles. Paptar, auteur chrétien du premier siècle parle de Matthieu et Marc comme des auteurs des 2 premiers évangiles. Marc qui était l’interprète de saint Pierre, dit-il, a écrit avec exactitude, mais pourtant sans ordre, tout ce dont il se souvenait, qui avait été dit et fait par le Seigneur. Saint Justin dit que les Evangiles ont été écrits par 2 apôtres et 2 disciples du Christ. Il appèle l’Evangile de saint Marc les mémoires de Pierre. Au IIème siècle, Clément d’Alexandrie et saint Irénée citent également les 4 évangélistes.
L’étude des sources historiques et des manuscrits nous permet de dater la composition des Evangiles. Les savants la situent entre 47 et 100 après Jésus Christ. Saint Matthieu a écrit son Evangile en hébreu. Saint Luc et saint Marc en grec, comme saint Jean.
La date approximative des Evangiles nous est aussi donnée par leur contenu. Après la destruction de Jérusalem par Titus, en 70. Toutes les données historiques et sociologiques et l’époque du Christ ont disparu. Une personne qui n’aurait connu ni l’époque, ni les lieux où il a vécu, aurait été incapable de reconstituer dans le détail le contexte de civilisation qui a entouré cette vie, et les découvertes archéologiques récentes viendraient démasquer cette imposture. Or, depuis le début du siècle, , l’archéologie constate l’exactitude de toutes les précisions données dans les Evangiles.
A l’époque du Christ la Palestine est sous la domination de 3 pouvoirs différents ayant, chacun, son domaine d’action propre. Réalité politique bien complexe, que les Evangiles évoquent toujours avec une parfaite justesse. A la naissance du Christ, la Judée est un royaume grec, sous protectorat romain, avec à sa tête le roi grec Hérode. C’est donc lui que nous voyons s’inquiéter dans son Palais, quand sont venus les Mages, de la naissance du Christ, et ordonner le massacre des enfants de Bethléem et des environs. En revanche, lors de la Passion de Jésus Christ, la situation politique a évolué. La Judée n’est plus qu’une province romaine.
Le pouvoir religieux est alors aux mains des grands prêtres, Anne et Caïphe. Hérode est tétrarque de Galilée. Rome a laissé au descendant de l’ancien roi grec le statut de gouverneur. Enfin, Pilate détient le pouvoir de procurateur romain.
Les Evangiles nous montrent le tribunal religieux présidé par les grands prêtres chez Caïphe, commençant par accuser le Christ de blasphème et d’imposture, et le condamner à mort. Mais il aura fallu trouver Hérode puis Pilate. Les chefs politiques, pour rendre cette condamnation effective. D’où l’épisode qui suit dans le récit de la Passion : Pilate condamne le Christ à mort et se lave les mains du sang de cet homme que lui-même considère comme juste.
A ces trois pouvoirs correspondent 3 monnaies que nous retrouvons dans les Evangiles :
- la monnaie juive, le talent
- la monnaie grecque, le dragme.
- la monnaie romaine, le denier
Enfin, jusqu’au milieu du XXème siècle, les archéologues ne connaissaient dans cette région que des à 4 portiques.
Or, dans Jean V, il y a Betsaïde, aux 5 portiques. On le citait souvent pour mettre en doute la véracité des Evangiles, jusqu’au jour où l’on a découvert sur les lieux des traces des 5 portiques dont parle saint Jean.
Ce sont autant de détails qui, s’accumulant, authentifient les Evangiles.
Mais pour les textes anciens, il ne faut pas oublier que jusqu’à l’invention de l’imprimerie au XVème siècle, la transmission des écrits se faisait par copiages successifs.
Au cours de recopiages, le texte connaît de multiples dangers. Les scribes pouvaient être négligents, ou ignorants, ou trop zélés. C’est-à-dire trop avides de compléter tel texte lorsqu’il est obscur ou qu’ils ne parvenaient pas à traduire un mot.
A mesure que les années augmentent, et que les copies succèdent aux copies, on a moins de chances de posséder dans son exactitude un texte entier.
Parfois il faut se contenter de copies récentes. C’est le cas pour les grands classiques de la littérature antique. Il y a un écart de : - 1600 ans pour Eurypide
- 1400 ans pour Sophocle, Eschile
- 1300 ans pour Platon
- 1200 ans pour Démosthène
Le problème se pose donc pour les écrits bibliques. De combien remonte l’écrit entre les originaux et leurs copies ?
Les manuscrits de la Bible que l’on possède actuellement sont parmi les textes antiques ceux qui s’approchent le plus des textes originaux.
Qumran : textes bibliques des IIIème et IVème siècle avant Jésus Christ, soit tout juste quatre siècles après leur rédaction : Isaïe au VIIIème
Cela permet de constater la fidélité des recopiages : pas de différences sensibles avec la Bible, telle qu’elle nous est parvenue : il y a aussi des textes grecs de l’Ancien et du Nouveau Testament,
1. les codex, recopiés en majuscule sur des parchemins en peau de mouton ou de veau. Ce sont les plus chers, destinés à un usage liturgique, les moins nombreux.
Au IVème, codex Vatrianus ; codex Sinaïticus
Au Vème, codex Alexandrius ; Betsae ; Ephraïm
Entre ces copies et les originaux du Nouveau Testament, il n’y a donc pas plus de trois siècles ; seuls, dans l’Antiquité, Térence et Virgile ont eu ce même bonheur.
Au total, on compte 241 textes de ce type entre le IVème et le Xème siècle.
2. Les papyrus trouvés en Egypte au début du siècle nous rapprochent encore plus des originaux.
En 1920 est découvert le papyrus Rylands, actuellement à Manchester. Il contient un passage du chapitre 18 de saint Jean, et date des alentours de 130 après Jésus Christ. Il est donc à peu près contemporain de l’original.
En 1930, on découvre les papyrus de Chesterbatty, datant du IIIème, 250.
En 1934, papyrus d’Epentum, de 150~180.
En 1945, au Caire, on découvre le plus ancien papyrus de la Bible, datant du début du IIème siècle, le papyrus Fovad.
Livré aux critiques des érudits, ces papyrus révèlent eux aussi tout le soin apporté à la retranscription fidèle des écritures saintes.
Il y a concordance entre les textes que nous lisons aujourd’hui avec ceux qu’écrivirent au Ier siècle les 4 évangélistes.
Les évangélistes ont-ils dit vrai ? n’ont-ils pas cédé à la tentation de bâtir sur la vie du Christ une belle légende, qui aurait permis d’établir plus solidement l’autorité de l’Eglise naissante ?
Ce type d’affabulation était rendu difficile par la proximité des faits évoqués. Lorsque les Evangiles sont prêchés pour la 1ère fois, ils le sont à des hommes qui, eux aussi, ont connu le Christ et auraient pu traiter les Evangélistes d’imposteurs. Or, même les juifs persécuteurs du christianisme dès les premiers temps ne l’ont pas fait.
On constate en outre que les auteurs des Evangiles n’ont pas cherché à se mettre en valeur dans leur écrits. Ils rapportent consciencieusement les reproches que leur adresse le Christ : "Ô insensés et lents à croire…"
Ils n’omettent pas de présenter, lors de l’agonie de Notre Seigneur, assoupis, sans grand souci de sa douleur, et ils ne passent même pas sous silence les faiblesses du chef de l’Eglise, saint Pierre. Son reniement est rapporté sans indulgence et sans aucune atténuation.
On sait aussi que dès les premiers temps de l’Eglise, on rejette certaines vies de Jésus comme légendaires. Le plus ancien catalogue que nous possédions date du IIème siècle. C’est le canon de Muratori, savant du XVIII. Il donne la table des livres saint admis par l’Eglise Romaine à la fin du IIème siècle. Cela exclut, comme apocryphes, Saint Pierre et Saint Jude.
Le souci d’objectivité et de fidélité aux évènements éclate plus encore dans le martyre des évangélistes et des disciples du Christ. Saint Pierre, Saint Paul, Saint Luc, Saint Marc, Saint Matthieu ont été martyrisés pour cet évangile qu’ils enseignaient, et dès les premiers siècles, c’est par centaines que ces témoins meurent pour ne pas renier la vérité de leur religion.
Non possumus. Nous ne pouvons pas dire que tout cela est faux. C’est le plus sûr témoignage qu’ils nous ont laissé.
4) depuis ses premiers temps, l’Eglise conserve fidèlement ce dépôt de la Révélation.
Instituée par Jésus-Christ lui-même, elle continue son action dans le monde et révèle comme Lui le caractère divin de son enseignement par les miracles qui jalonnent son existence.
Pas plus que sa prédication, le miracle du Christ ne s’est arrêté sur terre après son ascension. C’est désormais le miracle de l’Eglise qui le continue et le répand dans le monde.
Dans les sanctuaires mariaux se réalise encore cette parole du Christ aux disciples de saint Jean l’Evangéliste :
les aveugles voient
les boiteux marchent
les lépreux sont purifiés
les sourds entendent.
A Lourdes, depuis 1858, les guérisons miraculeuses reconnues par le Bureau Médical se comptent par centaines. Et que dire de Fatima, de Lanciano, où au VIIIème siècle une hostie a miraculeusement pris les apparences de la chair pour montrer la réalité de la transubstanciation. En 1970, une étude scientifique a été faite sur sur ce morceau de chair qui ne s'est pas corrompu depuis les 13 siècles qui nous séparent de l'évènement : le groupe sanguin est AB (comme sur le saint suaire et toutes les reliques de la passion). Et que dire des miracles eucharistiques de Sienne, de Bolséna...
Regardons aussi la vie des saints, en particulier les stigmatisés : saint François d’Assise, la bienheureuse Anne-Catherine Emmerich, saint Padre Pio. Ils sont des témoignages vivants de la divinité de l’Eglise.