Missio Net

Banniere
Vous êtes ici : Accueil > Formation > La morale chrétienne > Les vertus > Les vertus Théologales II

Les vertus Théologales II, - topo à développer, par Abbé Le Sonn (Jeune prêtre de Brest)

Topo « Missio » Les vertus théologales

La foi, l'espérance et la charité sont comme trois étoiles qui brillent dans le ciel de notre vie spirituelle pour nous guider vers Dieu. Elles sont, par excellence, les vertus "théologales": elles nous mettent en communion avec Dieu et nous conduisent à Lui. Elles composent un tryptique dont le sommet est la charité, l'agape, chantée de façon remarquable par Paul dans un hymne de la première Epître aux Corinthiens: « Maintenant donc demeurent foi, espérance, charité, ces trois choses, mais la plus grande d'entre elles, c'est la charité » (13, 13). Dans la mesure où elles animent les disciples du Christ, les trois vertus théologales les poussent à l'unité, selon l'indication des paroles de St Paul "Il n'y a qu'un Corps [...] un seul Seigneur, une seule foi [...], un seul Dieu et Père" (Ep 4, 4-6). Paul, parle également d'une seule espérance à laquelle nous avons été appelés (cf. 4, 4). Il s'agit d'une espérance qui s'exprime dans l'engagement commun, à travers la prière et une cohérence de vie active, pour l'avènement du Royaume de Dieu. Charles Péguy a écrit: »Espérer est une chose difficile... se désespérer est ce qui est facile et c'est la grande tentation" (Le portique des mystères de la seconde vertu, éd. de la Pléiade, p. 538). Mais, pour nous chrétiens, demeure toujours valable l'exhortation de saint Pierre à rendre raison de l'espérance qui est en nous (cf. 1 P 3, 15). Au sommet des trois vertus théologales se trouve l'amour, que Paul compare presque à un lien en or qui rassemble en parfaite harmonie toute la communauté chrétienne: « Et puis, par dessus tout, la charité, en laquelle se noue la perfection » (Col 3, 14). C'est précisément cet amour, accueilli et cultivé, qui compose en un unique corps l'Eglise, comme nous l'indique encore Paul: "Mais, vivant selon la vérité et dans la charité, nous grandirons de toutes manières vers Celui qui est la Tête, le Christ, dont le corps tout entier reçoit concorde et cohésion par toutes sortes de jointures qui le nourrissent et l'actionnent selon le rôle de chaque partie, opérant ainsi sa croissance et se construisant lui-même, dans la charité" (Ep 4, 15-16). Le sens primitif du mot vertu (du latin virtus, qui vient lui-même de vir, homme) est celui de force, de vigueur. Dans l’Ancien Testament, il s’applique surtout à la puissance de Dieu (ps 65,7 – 111,6) Dans le Nouveau Testament, il s’agit d’une force efficace : ainsi à propos de Jésus qui guérit, il est dit : « une vertu sortait de lui » (Mc 5,30) La morale classique a fait de la vertu une aptitude à accomplir ce qui est bien. Cette aptitude peut découler de la nature même de l’homme et on l’appelle vertu naturelle ou habitus. Les vertus naturelles s’acquièrent par un exercice prolongé (d’où l’autre nom de vertus acquises) ; elles perfectionnent la nature et al défendent contre les tentations : ainsi l’humilité, la patience, la chasteté. Elles peuvent être des vertus morales, sociales, mais les principales vertus naturelles qui soutiennent toutes les autres sont appelées vertus cardinales : Ce sont la prudence, la justice, la force et la tempérance. Cette disposition à faire le bien peut aussi être donné par Dieu. Le théologien classique parle alors de vertus surnaturelles, infuses ou innées. Par ces dons, l’homme devient capable d’agir d’une manière digne de Dieu. L’Ecriture (1 Co 13, 13) et la Tradition détachent sous le nom de vertus théologales trois de ces vertus surnaturelles : la foi, l’espérance et la charité, parce qu’elles sont spécifiquement des dons de Dieu et la participation à la vie de Dieu. Essayons de les regarder, brièvement.

La foi


Avoir la foi, pour tout croyant, c’est vivre en accord avec ses convictions spirituelles. Elles sont souvent appuyées sur un message fondateur qui donne un sens à l’existence. Pour le chrétien, la foi est une relation à Dieu dont il reçoit la Parole. Elle est tout autant une question de cœur que d’intelligence, même si le croyant est conduit à s’interroger et à réfléchir en permanence sur sa foi et sur ses conséquences qu’elle peut avoir dans sa vie quotidienne et ses engagements. Si la foi est adhésion à un ensemble de vérités et suppose donc une connaissance, elle est d’abord un lien à Jésus le Christ, qui nous révèle Dieu. Elle est un acte de confiance et une source de joie. Elle se traduit dans des actes concrets d’amour, de paix et de réconciliation, au nom de l’Évangile. Avoir la foi, ce n’est pas posséder un livre mais être un témoin vivant de celui en qui l’on croit. Dans l’Évangile, c’est bien souvent à des humbles et des petits que Jésus dit "Ta foi t’a sauvé…" Le Dieu des chrétiens est un Dieu unique en trois personnes : le Père, le Fils et l’Esprit, c’est la Trinité. La foi des chrétiens s’enracine dans le mystère de la Trinité. Ils sont baptisés "au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit". Dieu s’incarne en Jésus Christ. Jésus Christ s’en remet totalement à son Père et fait sa volonté jusqu’à la mort sur la croix. L’unité du Père et du Fils se réalise dans l’Esprit. Le mot latin "credo" signifie : "je crois" ; il est utilisé pour désigner la profession de foi chrétienne, c’est-à-dire l'essentiel de la foi pour un chrétien. Il est proclamé à la messe après la lecture de l'Évangile et récité lors du baptême. Les deux textes les plus connus sont : le symbole des apôtres (le plus ancien) et le symbole de Nicée-Constantinople (an 381). Chercher et connaître Dieu La foi d’Abraham qui part à l’appel de Dieu : Genèse 12, 1-9 La foi du centurion de Capharnaüm : Matthieu 8, 5-13 La foi de Marie lors des Noces de Cana : Jean 2, 1-12 La foi du bon larron : Luc 23, 39-43 Proclamer la foi Prière de Salomon : 1er livre des Rois, 1 Roi, 22-30 Confession de foi de Saint Pierre : Matthieu 16,13-16 Confession de foi de la foule aux Rameaux : Marc 11, 9-10 Confession de foi du centurion au pied de la croix : Luc 23, 42

L’espérance

L'espérance est une expérience profonde de joie et de confiance en l'avenir, en l’autre. L'espérance est une vertu qui fait vivre l’homme. Sans l’espérance, il n’y a pas d’existence possible. Pour les chrétiens, elle s’enracine dans la présence de Dieu ressuscité. Vertu théologale, l’espérance prend sa source et trouve son terme en Dieu. L’homme qui espère, sait que Dieu ne l’abandonnera pas, car il est fidèle. Si le Christ est le modèle de tout homme, Marie, pour les chrétiens, est le prototype de la réponse de foi et d’espérance à l’appel de l’Alliance C’est avec l’enseignement du Christ que se révèle véritablement la nature du bonheur proposé à l’homme par Dieu, celui d’un amour total absolu, parfait : l’amour même dont Dieu vit dans sa relation trinitaire. Pour atteindre à cette plénitude de vie et d’amour, on trouve un chemin dont le tracé est suggéré par tout un ensemble d’attitudes du cœur, (pauvreté du cœur, simplicité confiance), de comportements à l’égard d’autrui (miséricorde, volonté de paix), de situations difficiles, (épreuves morales et matérielles, persécutions). Tout ceci se noue en la personne de Jésus, qui se présente comme celui en qui s’accomplit pleinement l’aspiration au bonheur. Dans son message d’accueil aux jeunes du monde entier à Toronto, le 25 juillet 2002, le Pape a eu ces mots : "La page des Béatitudes que nous venons d’entendre est la grande charte du christianisme. C’est avec les yeux du cœur que nous revoyons la scène de ce jour-là : une foule de personnes entoure Jésus sur la montagne, hommes et femmes, jeunes et vieux, bien-portants et malades, venus de la Galilée, mais aussi de Jérusalem, de la Judée, des villes de la Décapole, de Tyr et de Sidon. Ils sont tous en attente d’une parole, d’un geste qui puisse leur donner réconfort et espérance. (…) Chers amis, à votre envie de jeunes désirant être heureux, le vieux Pape, chargé d’années, mais encore jeune de cœur, répond par une parole qui n’est pas la sienne. C’est une parole qui a résonné il y a deux mille ans. Nous l’avons de nouveau entendue ce soir :"Heureux...". La parole clé de l’enseignement de Jésus est une annonce de joie : "Heureux..."L’homme est fait pour le bonheur. Votre soif de bonheur est donc légitime. Le Christ a la réponse à votre attente. Il vous demande donc de lui faire confiance. La joie véritable est une conquête, qui ne s’obtient pas sans une lutte longue et difficile." Isaïe 11,1-9, annonce du Messie et d’un monde nouveau : "Un rameau sortira de la souche de Jessé, père de David, un rejeton jaillira de ses racines …." Luc 2, 29-32 : "…Car mes yeux ont vu ton salut…" Romains 5, 5 : "et l'espérance ne trompe pas, puisque l'amour de Dieu a été répandu dans nos coeurs par l'Esprit Saint qui nous a été donné."

La Charité


Aujourd’hui, le mot "charité" a tendance à être remplacé par celui de "solidarité" mais, pour le chrétien, la solidarité est traduction de l’exigence évangélique de l’amour du prochain. Des hommes et des femmes s’engagent auprès de leurs frères démunis, en difficulté, dans la solitude, la maladie, la rupture. Les nécessités sont immenses et d’une grande diversité. Ces hommes et ces femmes exercent la charité en prenant souci de leurs frères. La charité relève d’actes, mais aussi de pensées, d’intentions et d’attitudes. Elle prend l’autre en charge pour le faire grandir, lui donner ou redonner sa dignité. Dans le christianisme, la charité est une vertu théologale, c’est à dire : qui a Dieu lui-même pour objet ; c’est à la fois l’amour que Dieu donne à l’homme et l’accueil que l’homme fait de cet amour. La charité se résume en un seul et unique commandement : aimer. Aimer, c’est accepter de s’oublier pour l’autre. Matthieu 25, 34-40 : "… Car j'avais faim, et vous m'avez donné à manger… " Jean 13, 34 :"Je vous donne un commandement nouveau, aimez-vous les uns, les autres, comme je vous ai aimé", Première lettre de Saint Paul aux Corinthiens (13, 1-7) : "J'aurais beau parler toutes les langues de la terre et du ciel, si je n'ai pas la charité, s'il me manque l'amour, je ne suis qu'un cuivre qui résonne, une cymbale retentissante…" Saint Paul aux Romains (13, 10) : "L'amour ne fait rien de mal au prochain. Donc, l'accomplissement parfait de la Loi, c'est l'amour." Acte de charité : "Mon Dieu, je vous aime de tout mon cœur et plus que tout parce que vous êtes infiniment bon, et j'aime mon prochain comme moi-même pour l'amour de vous." Prière La prière dit l’attachement de la relation entre l’homme et Dieu. Elle est l’expression de l’amour de Dieu en chaque homme. La prière est essentielle à la vie des chrétiens. Pour un chrétien, une vie sans prière prend le risque de devenir aride. Mais prier, ce n’est pas simple. L’ennui, le découragement, la répétition ou l’habitude peuvent rendre la prière difficile. La communication de Dieu est souvent comparée à la communication humaine : il n’en est rien. Celui qui prie, pense que Dieu reste sourd à sa prière, alors que Dieu le regarde toujours avec amour. Répéter une prière, la méditer, en éprouver toute la saveur, vibrer avec elle, pour qu’elle devienne comme une respiration, c’est entrer dans le mystère du dialogue entre Dieu et l’homme. C’est se laisser guider pas à pas dans une meilleure connaissance du mystère de Dieu. Souvent, le dialogue avec Dieu est surtout fait de silence, ce qui n’est pas très gratifiant. Pourtant, Sainte Thérèse nous dit que c’est dans le silence que l’on se rend disponible, qu’en s’abandonnant avec confiance et foi, on peut s’approcher de Dieu. La prière prend une forme différente selon le temps, les lieux, les occupations et préoccupations de chacun, la culture et les expériences vécues. La prière peut naître spontanément avec des mots de tous les jours ; elle emprunte également ceux des Écritures. Elle peut être personnelle ou communautaire. Les moines et moniales, mais aussi les religieux (ses), prêtres, laïcs, chrétiens ordinaires, rythment leurs journées par la prière de l’Église ou "Liturgie des Heures".Répartis sur quatre semaines, les psaumes constituent le cœur de la prière de l’Église. Le psaume, c’est un cri avant d’être un écrit. C’est une voix qui appelle, murmure, invoque, c'est un corps qui plie sous le poids de l’épreuve. Dans les psaumes, le peuple d’Israël parle à Dieu quand il est plongé dans la culpabilité après une faute, submergé par des épreuves et quand il est dans la joie après une victoire. Dans l’Ancien et le Nouveau Testament, vous découvrirez ou redécouvrirez différentes expressions de la prière : demande, adoration, louange, remerciement, offrande… : Ancien Testament : Job maudit le jour de sa naissance (Job 3,1-31) Abraham demande grâce pour les justes de la ville de Sodome (Genèse 18, 23-33) Salomon demande à Dieu la Sagesse Nouveau Testament : Jésus a lui-même prié son Père (Jean 17,1-26) Jésus enseigne à ses disciples (Matthieu 6,7-13)

Abbé Le Sonn (Jeune prêtre de Brest)

Dans le même thême


Revenir à l'Index | Chercher