Définition :
C’est la prédestination divine des élus à la gloire et aux moyens par lesquels ils l’obtiendront infailliblement. Dieu, éternel et hors du temps, voit d’avance qui sera sauvé et qui ne le sera pas. Elle concerne le Salut de chacun
d’entre nous. Ce mystère est celui de la grâce d’une bonne mort, la grâce de la persévérance finale.
Rom, VIII, 28-30 : «Et nous savons qu’avec ceux qui l’aiment, Dieu collabore en tout pour leur bien, avec ceux qu’il a appelés selon son dessein. Car ceux que d’avance il a discernés, il les a aussi prédestinés à reproduire l’image de son Fils, afin qu’il soit l’aîné d’une multitude de frères ; et ceux qu’il a prédestinés, il les a aussi appelés ; ceux qu’il a appelés, il les a aussi justifiés ; ceux qu’il a justifiés, il les a aussi glorifiés.»
Ces paroles de l’Ecriture sont à bien comprendre, sinon...
1 Doctrine de l’Eglise et erreurs contraires
Suite à des erreurs, l’Eglise affine sa doctrine.
1.1 erreurs
1.1.1 Pélagianisme (de Pélage)
«La grâce n’est pas nécéssaire pour accomplir les préceptes de la vie chrétienne.» Condamné en 416 et 418
1.1.2 Semi-Pélagiens
«Sans grâce il est possible d’avoir le commencement de la foi salutaire.»
Ce n’est pas Dieu qui fait le premier pas vers les pécheurs, mais l’inverse : la bonne volonté naturelle suffit (V°ou VI°siècle). Dieu n’est pas l’auteur mais le spectateur de notre Salut.
1.1.3 ce qui ne va pas...
Ces deux doctrines nient la prédestination, alors qu’on lit : «Nul ne peut venir à moi si le Père qui m’a envoyé ne l’attire» Jn VI, 44 et encore «car hors de moi vous ne pouvez rien faire» Jn V,15. Saint Paul dit encore
«Qu’as-tu que tu n’aies reçu ?» et «Nous ne sommes pas capables de tirer de nous-mêmes la moindre pensée concernant notre salut».
Saint Augustin insiste sur la gratuité de la grâce, on n’a pas à la payer, on ne la mérite pas. Impossible de l’obtenir par nos propres forces, pure miséricorde. L’union «état de grâce + mort» est un don de Dieu. Quand
cette grâce n’est pas accordée, c’est par un juste châtiment des fautes qui nous ont éloignés de Dieu (cf. bon et mauvais larron)
1.2 Deux grands principes chez Saint Augustin
1.2.1 Principe de prédilection
Les élus 1 sont connus d’avance et plus aimés par Dieu. Saint Thomas d’Aquin dit que l’amour de Dieu est créateur, premier, et cause le bien, au contraire de notre amour qui aime parce qu’il trouve du bien. Tout ce qu’il y
a de bien en nous, c’est Dieu qui le fait. Certains degrés dans tout ce qu’on voit montrent que Dieu ne veut pas le même bien pour toutes les créatures.
Dieu aime infiniment tout le monde, mais le bien voulu pour chaque créature est différent.
1.2.2 Dieu ne commande jamais l’impossible
Il nous ordonne de faire ce que nous pouvons et de demander la grâce de faire ce que nous ne pouvons pas. Dieu veut rendre et rend réellement possible le salut à TOUS. Il nous donne les moyens pour, donne la grâce
suffisante à tous pour se sauver (volonté salvifique de tous les hommes). Comment concilier ces deux principes ? On ne le pourra qu’en adorant au Ciel Dieu, vision salvifique pour comprendre ce mystère.
1.3 Troisième erreur
Les protestants et jansénistes ne prennent que le premier principe de saint Augustin (principe de prédilection) et nient le second (Dieu ne commande jamais l’impossible) : Dieu commande parfois l’impossible et au moment de
la mort, la fidélité aux préceptes divins n’est pas possible pour tous. C’est la négation de la miséricorde de Dieu, de la vraie liberté humaine, de la grâce suffisante. C’est d’un orgueil odieux envers les réprouvés.
Réponse : «Que celui qui se flatte d'être debout prenne garde de tomber. » I Cor, X, 12.
Mais tout est concilé en Dieu : les élus sont plus aimés que les autres (qui sont donc aussi élus.)
2 On ne peut pas mériter la grâce d’une bonne
mort
On n’a pas un véritable droit à recevoir la grâce de la bonne mort. On ne peut la mériter que si on a la grâce sanctifiante. MISERICORDE DIVINE.
Restons donc humbles en travaillant avec confiance à notre salut.
3 Comment la grâce de la persévérance peut être
obtenue
C’est un don spécial. On peut l’obtenir par la prière. Tout ce que nous obtenons par la prière n’est pas forcément mérité. La grâce actuelle nous fait prier ; nous pouvons et devons nous disposer à la recevoir, par une vie
meilleure. En revanche, l’erreur quiétiste ne demande pas la grâce d’une bonne mort et ne s’y prépare pas. «Demandez et vous recevrez.» Une prière faite au bon moment nous obtient infailliblement cette grâce, sous les conditions
suivantes (énoncées par saint Thomas d’Aquin) : pour soi, demander les biens nécéssaires au Salut, avec piété et persévérance.
4 Conclusion
Dieu connaît à l’avance et veut à l’avance. L’Amour de Dieu est cause de tout bien.
«Personne ne pourra les ravir de la main de mon Père.» Le Salut est possible à tous puisque Dieu ne commande jamais l’impossible et ne damne que s’il ya une résistance au dernier appel : sauvé grâce au don du Sauveur,
damné par notre faute.
Il faut tout faire pour se sauver rester humble et s’abandonner à Lui.
Pour aller plus loin, on peut lire Le grand moyen de la prière de Saint Alphonse