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Les Gloires de Marie, - résumé/réflexions, par Yann (grâce à St Alphonse de Liguori)

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Salve Regina, Mater misericordiae : (je vous salue, ô Reine, Mère de miséricorde)

L’Auguste Vierge Marie a été élevée à la dignité de Mère du Roi des rois.
Dès lors l’Eglise, et nous-mêmes devons Lui décerner le titre glorieux de Reine.
« Si le Fils qu’Elle a mis au monde est Roi, dit St Athanase, la Vierge, Sa Mère, doit, en toute rigueur de vérité, être tenue pour Reine et Souveraine et en porter le nom.»
De plus Jésus étant Roi de l’univers, c’est de l’univers aussi que Marie est la Reine.
St Bernardin de Sienne : « autant il y a de créatures au service de Dieu, autant Marie en compte à Son service. Et les anges et les hommes : toute la création. ».
Marie est donc notre Reine, notre Reine toute bonne, toute clémente, toute inclinée à nous faire du bien , à nous si misérables : d’où le titre de Reine de miséricorde.
Albert le Grand remarque que le nom même de Reine signifie compassion et sollicitude pour les pauvres, et ce à la différence d’impératrice qui est synonyme de sévérité et de rigueur.
C’est pourquoi au sacre des rois, on verse sur la tête de l’huile, symbole de la miséricorde, pour leur rappeler qu’ils doivent garder sur le trône un cœur rempli de compassion et de bienveillance à l’égard de leurs sujets. Mais à la différence des rois, Marie ne tient pas aussi le sceptre de la justice, pour le châtiment des coupables, qui est réservé au Seigneur. Elle est entièrement vouée à la miséricorde, n’ayant d’autre ministère que celui de la grâce et du pardon.

Exemple tiré du livre d’Esther :
Sous le règne d’Assuérus, fut publié un édit ordonnant la mise à mort de tous les juifs.
Mardochée, un des condamnés, recommanda alors leur salut à Esther, leur Reine choisie par Assuérus, la priant de s’interposer auprès du roi pour obtenir la révocation de la sentence.
Mais Esther refusa d’abord par crainte, alors Mardochée la réprimanda et lui rappela que le Seigneur, ne l’avait élevée au trône précisément pour qu’elle assurât le salut de sa nation.
Aussi quand Assuérus vit Esther, il s’informa avec amour de sa visite, la reine répondit : « ô mon roi, si j’ai trouvé grâce a vos yeux, accordez-moi mon peuple, pour lequel je vous implore ». Elle fut alors exaucée et le roi révoqua aussitôt la sentence de condamnation.
Ainsi si Assuérus accorda le salut des juifs à Esther, parce qu’il l’aimait, comment Dieu, Qui aime immensément Marie, pourra-t-Il ne pas l’exaucer, quand Elle Le prie pour les pauvres pécheurs qui se recommandent à Elle ?
Chaque prière de Marie a force de loi, le Seigneur ayant décrété qu’il sera fait miséricorde à tous ceux pour qui Elle intercèdera. Elle nous offre le lait de Sa miséricorde qui ranime notre confiance, et la douceur de Sa protection qui nous abrite contre les rigueurs de la justice divine. A Son pouvoir, rien ne résiste car sans doute Marie a d’infinies obligations à son Fils de l’avoir choisie pour Mère, mais il est aussi incontestable, que le Fils a une grande obligation à cette Mère de lui avoir donné l’être humain.

Exemple (P10) Une femme vivait dans le vice et était rejetée de tous, même d’une sainte sœur (sœur Catherine de Saint- Augustin) du couvent voisin qui priait pour toutes les âmes du village mais pas pour cette femme exclue dans un grotte. Or il advint que cette pauvresse mourut. Mais la sœur ne s’en soucia pas, pensant qu’elle était de toute façon damnée. Or
quatre ans plus tard celle-ci apparut à la sœur et lui dit : « que je suis malheureuse : vous priez pour toutes les âmes sauf pour la mienne » « mais comment ! Vous êtes sauvée ? » Répondit la sœur. « oui je le suis, par la miséricorde de la Sainte Vierge à laquelle je me suis confiée en mourant, me voyant abandonné de tous et si chargée de péchés. Mais il ne me manque que quelques messes pour être délivrée du purgatoire. Faîtes-les dire, et moi en échange, je vous promets de prier pour vous. » et peu de jours après cette âme lui apparut de nouveau plus brillante que le soleil et la remercia et lui confirma qu’elle prierait pour elle.

Marie est notre mère, non de chair mais selon l’esprit : la mère de nos âmes et de notre salut.
Elle l’est pour deux raisons :
-- tout d’abord car Elle enfanta Jésus qui est le père de nos âmes puisqu’Il nous à ouvert
l’accès à Dieu, fermé depuis le péché originel. Donc, en nous donnant Jésus, elle nous
donne la vrai Vie.
-- la seconde raison est qu’en offrant sur le calvaire la vie de son Fils pour notre salut, elle
nous enfanta à la vie divine de la grâce.
=> donc en plus de la vraie Vie, Elle nous offre l’accès à la grâce.

De plus en tous temps, Marie fut entièrement unie à la volonté divine. Or Elle voyait le Père éternel aimer les hommes jusqu’à vouloir la mort de son Fils pour leur salut, et le Fils nous aimer jusqu’à vouloir mourir pour nous. Aussi Elle mit sa magnanime volonté à offrir son Fils pour le genre humain.
Il est vrai que Jésus voulut être seul à mourir pour le salut des hommes : « seul, j’ai foulé le pressoir » mais devant l’ardeur de Marie à vouloir, elle aussi, se consumer pour notre salut, voici ce qu’Il arrêta : par le sacrifice et l’offrande de sa vie à Lui Jésus, elle coopérerait à notre rédemption, et deviendrait ainsi la Mère de nos âmes. Cette intention, Jésus la manifesta lorsqu’Il Lui dit du haut de Sa Croix : « Femme, voici ton fils », fils qui représente toute l’Eglise.
Ainsi quand sévit la tempête des passions et qu’Elle voit Ses enfants en grand péril, que fait-Elle ? Avec une grande tendresse maternelle, Elle les cache, en quelque sorte, dans Son sein. Là, Elle les couvre de Sa protection et ne cesse pas de veiller sur eux qu’Elle ne les ait déposés dans le port tranquille du paradis.
De plus nous savons qu’aimer ses enfants est une nécessité de nature, au point que « même les animaux les plus sauvages ne peuvent s’en affranchir » dit St Ambroise.
Aussi si des lionnes sont prêtes à tout pour sauver leurs petits, comment pourrait nous laisser tomber la Sainte Vierge, nous qui sommes Ses enfants ?
« est-ce qu’une femme peut oublier son enfant, et n’avoir point pitié du fruit de ses entrailles ?
mais quand elle le ferait, moi je ne vous oublierai point. » Is., LXIX,15 .
Encore, St Jean nous dit : « nous avons reçu de Dieu ce commandement, que celui qui aime Dieu aime aussi son frère » Jean IV,21
Or selon une révélation faite à Sœur Marie du Crucifix, le feu d’amour divin dont Son cœur était dévoré, aurait suffit à consumer en un instant le ciel et la terre, et, en comparaison de Ses ardeurs, celles des Séraphins n’étaient que brise rafraîchissante.
On peut donc en conclure qu’après Dieu personne ne nous a et ne nous aimera plus que Notre Mère du ciel.
Mais pourquoi Notre Mère du ciel nous aime autant ?
-- tout simplement parce qu’au moment d’expirer, Son bien aimé Jésus nous recommanda à Son affection maternelle.
-- de plus nous savons que les mères sont ainsi : elles aiment plus tendrement les enfants dont elles ont payé la conservation par plus de peines et de souffrances.
Ainsi ayant été enfantés au prix de si excessives angoisses, nous sommes excessivement chers à Notre Mère.
Sts Anselme et Antonin nous rapportent encore que telle était sa magnanimité que, si les bourreaux avaient fait défaut, Elle eût Elle-même attaché Son Fils sur la Croix, pour obéir à la volonté du Père qui exigeait cette mort pour notre rédemption.
Cette force d’âme, d’être disposé à sacrifier un fils de ses propre main, Abraham en donna bien l’exemple : nous devons croire que Marie l’aurait donné aussi, et avec plus de générosité encore, Elle si supérieure à Abraham en sainteté et en obéissance.
Et comme Dieu récompensa magnifiquement Abraham pour s’être mis en devoir de Lui sacrifier son Isaac, nous devons nous aussi la remercier en l’aimant sincèrement de tout notre être et en la priant constamment.
Nul ne peut se dérober à l’amour de Marie tout comme nul ne peut se dérober à la chaleur du soleil (apoc de St Jean : XIII,I : « un grand prodige apparut dans le ciel, une femme revêtue du soleil »)
Enfin si Marie est si bonne pour tous, même pour les ingrats qui ne L’aiment guère, quel empressement n’aura-t-Elle pas auprès de ceux qui l’aiment et qui La prient fréquemment.
Car même si Elle embrasse dans son affection toute l’humanité dont Elle est la Mère, Elle n’en sait pas moins discerner et préférer une âme qui la chérit plus tendrement et lui répondre par Sa prédilection.

Mais Marie n’est pas seulement la Mère des âmes justes et innocentes.
« Je suis aussi, déclara-t-elle elle-même à Ste Brigitte, une mère pour tous les pécheurs, pourvu qu’ils veuillent s’amender. »
sinon, nous, qui ne sommes que pécheurs, comment pourrions-nous nous en sortir ?
Texte des proverbes : « Ils se sont levés, ses fils » Richard de Saint-Laurent observe ainsi qu’il est dit en premier lieu « ils se sont levés », puis ne vient qu’ensuite « ses fils », cela parce qu’ajoute-il, « on n’est pas digne d’être appelé le fils d’une telle Mère, quand on est en état de péché mortel », et qu’on ne cherche pas à se relever de sa chute.

Exemple : certain pécheur disait un jour à la Sainte Vierge : « montrez que vous êtes ma Mère. ». « et toi, répondit-Elle montre que tu es mon fils. »
« Vous autres pécheurs, quand vous voulez mon assistance, vous m’appelez Mère de miséricorde, mais vous ne cessez pas par vos péchés, de faire de moi une Mère de misère et de douleurs ».
St Thomas nous rapporte que : « si la prière du pécheur est dépourvue de mérite, elle est cependant apte à obtenir la grâce du pardon attendu que cette puissance d’impétration est basée non sur le mérite de celui qui prie, mais sur la divine bonté et sur les mérites et promesses de Jésus-Christ qui a dit « quiconque demande reçoit » » St Luc XI, 40
Il en est de même pour la Ste Vierge qui a mérité et reçu ce privilège que les grâces soient accordées au pécheur pour qui Elle intercède.
St Bernard : « parce que tu étais indigne de rien recevoir, il a été donné à Marie que tu reçoives par elle tous les dons ».
Quand Marie reçoit à Ses pieds un pécheur qui implore sa miséricorde, Elle ne regarde pas les péchés dont il est chargé, mais seulement l’intention qui l’anime.

Second Livre des Rois : sage discours que tint à David la femme de Thecua « Seigneur, j’avais deux fils, pour mon malheur, l’un a tué l’autre. Ayant ainsi perdu un fils, voici qu’on veut, par sentence de justice, m’enlever encore le seul qui me soit resté. Ayez donc pitié d’une pauvre mère, faites que je ne sois pas privée à la fois de mes deux enfants. ». David, touché de compassion, gracia le coupable et le rendit à sa mère.
Il en est de même pour Marie dont les deux fils sont Jésus et l’Homme. « l’Homme a fait mourir Mon Jésus sur la croix, et maintenant Votre justice réclame la condamnation du coupable. ». Marie sera donc notre avocate auprès du Divin Juge mais seulement si nous le Lui demandons, alors n’y manquons surtout pas !

Réponse à ceux qui croient que l’on ne pense pas que le Christ est le seul intercesseur :
Suarez dit « si nous nous adressons à la Sainte Vierge pour obtenir les grâces de Dieu, ce n’est nullement par défiance de la miséricorde divine, mais plutôt par une juste défiance de notre propre indignité. Nous nous recommandons à Marie, afin que sa dignité supplée à notre misère. »



Prière à la Sainte Vierge
Pour obtenir une bonne mort


O Marie, doux refuge des pauvres pécheurs, lorsque mon âme sera sur le point de quitter ce monde, je vous en prie, ô ma douce Mère, par la douleur que vous avez ressentie en assistant à la mort de votre Fils crucifié, ne me refusez pas l’assistance de votre miséricorde.
Chassez loin de moi la troupe infernale de mes ennemis, et venez vous-même prendre mon âme pour la présenter au Juge suprême.
Ma Reine bien-aimée, ne m’abandonnez pas.
C’est Vous après Jésus, qui devez être, en ce terrible moment, ma force et ma consolation.
Priez Votre Fils que, dans sa bonté, Il m’accorde de mourir en embrassant vos pieds, d’exhaler mon dernier souffle dans ses saintes plaies, tandis que mes lèvres murmureront : Jésus et Marie, je vous donne mon cœur et mon âme.

Yann (grâce à St Alphonse de Liguori) - Dans le même thême


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