LA BEAUTE DE L’EGLISE
dimanche matin
Lorsque le juge romain a déclaré au diacre Etienne : « Amène-nous les trésors de l’Eglise », Etienne n’a pas apporté d’or, ni d’argent, mais il est allé chercher tous les pauvres et les lui a amenés... Les trésors de l’Eglise ne sont pas des joyaux qui brillent extérieurement, ce sont des joyaux de charité. Or la charité ça ne se voit pas. L’Eglise est abîmée, salie, défigurée, mais elle est MAGNIFIQUE. La Bible emploie des mots magnifiques pour la figurer : la fiancée, la jeune fille qui séduit le roi par sa beauté. Cf. Cantique des Cantiques. Pourquoi l’Eglise est-elle si belle ?
Nous, jeunes catholiques, nous avons un beau devoir d’aimer l’Eglise et de savoir pourquoi, parce que nous pouvons avoir un impact puissant sur nos camarades d’école, de fac, de lycée. La plupart des jeunes que nous côtoyons ne connaissent pas l’Eglise, ils en ont l’image déformée par les médias et ne savent pas l’aimer. Beaucoup sont ouverts au message du Christ en soi (« pourquoi pas ? ») mais refusent l’Eglise qu’ils considèrent obscurantiste, aliénante, etc… A nous de savoir leur montrer à quel point notre mère est belle, et que c’est elle qui nous conduit au Ciel !
Je ne vais pas faire un exposé organisé, mais simplement soulever quelques points que l’on peut méditer pour découvrir à quel point notre mère est belle, et digne d’être défendue.
Les 3 blancheurs
Il s’agit d’un songe de Dom Bosco, qu’il a raconté à ses garçons. S’il n’était pas saint, on pourrait croire que c’est une belle histoire, qu’il a beaucoup d’imagination et que ça fait un peu « heroic fantasy ». Mais saint Jean Bosco n’était pas un petit rigolo qui inventait des histoires. C’est un véritable songe. Donc écoutez attentivement, et représentez-vous que ce qu’il dit, c’est bien sûr imagé, mais c’est vrai.
« J’ai vu une grande bataille sur la mer : le navire de Pierre, piloté par le pape et escorté de bateaux de moindre importance, devait soutenir l’assaut de beaucoup d’autres bâtiments qui lui livraient bataille. Le vent contraire et la mer agitée semblaient favoriser les ennemis. Mais au milieu de la mer, j’ai vu émerger deux colonne très hautes : sur la première, une grande Hostie – l’eucharistie, et sur l’autre, un peu plus basse, une statue de la Vierge Immaculée avec un écriteau : « auxilium christianorum », aide des chrétiens. Le navire du Pape n’avait aucun moyen humain de défense. C’était une sorte de souffle provenant de ces deux colonnes qui défendait le navire et réparait aussitôt tous les dégâts. La bataille se faisait toujours plus furieuse : le Pape cherchait à se diriger entre les deux colonnes, au milieu de la tempête et des coups. Bientôt, ce fut une lutte au corps à corps. Une première fois, le pape fut gravement blessé, mais il put se relever. Il fut atteint une seconde fois... et expira tandis que les ennemis exultaient. Immédiatement un nouveau pape fut élu. Il reprit la barre, à la plus grande confusion de ses adversaires. Enfin, il réussit à atteindre les deux colonnes, et à y accrocher avec deux chaînes son navire, qui fut ainsi sauvé. A cette vue, les bateaux ennemis s’enfuirent, se détruisirent réciproquement, et coulèrent. »
La Vierge Marie
La Vierge est une très belle image de l’Eglise. La Vierge c’est déjà l’Église dans le plus pur d’elle-même. « Elle a soulevé l’Église naissante par la puissance de sa contemplation et de son amour. Elle lui a été plus utile encore que les apôtres qui agissaient en-dehors. Elle a été pour elle la racine cachée où s’élabore la sève qui éclate dans les fleurs et dans les fruits. Elle n’a pas eu les clés du Royaume, mais elle a conduit et soutenu par sa prière ceux qui les avaient, et ceux aussi qui s’en venaient frapper à sa porte. Ce rôle est le sien aujourd’hui encore. Ce que certains ont appelé son sacerdoce relève au vrai des grandeurs non de hiérarchie, mais de sainteté » (Cardinal Journet)
La sagesse de l’Eglise
Je ne sais pas si vous avez déjà pensé à cette chose : la sagesse de l’Eglise. On la découvre petit à petit, d’ailleurs ce sont plutôt ceux qui ont déjà pas mal vécu qui disent cela, parce que plus ils avancent plus ils se rendent compte que c’est vrai, que l’Eglise a raison. C’est quand même incroyable ce bon sens que la psychologie est en train de découvrir : exemple de la confession.
Beauté de sa morale (morale de l’amour, de la fidélité, de la vertu). D’où lui vient cette extraordinaire sagesse, qui fait qu’elle ne dévie jamais ? L’Eglise aime tout ce qui est beau : l’art, l’amour, la foi. Tout ce qui élève l’homme, tout ce qui le rend heureux. Dans les époques dépravées comme dans les époques rigoristes, elle affirme avec toujours autant de paix, d’autorité, de douce fermeté le chemin et les moyens pour être heureux.« L’Eglise, experte en humanité », nous dit Paul VI. C’est extraordinaire en soi ! Comment l’Eglise a-t-elle fait pour trouver tout ça ??
L’Eglise, chef-d’oeuvre du Christ
Ceux qui ont appris le catéchisme (ils ont de la chance, même si sur le coup on n’aime pas ça du tout), savent que la réponse à la question : Pourquoi Jésus-Christ s’est-Il incarné est... « Pour sauver les âmes et instituer l’Eglise ». Une des deux finalités de la descente d’un Dieu sur la terre, ça n’est quand même pas rien...
Quand le Christ, après avoir rempli sa mission, a privé les hommes de sa présence sensible, il leur a laissé l'Église pour continuer en leurs âmes, jusqu’à la fin des temps, son œuvre de sanctification, et former en elle le royaume des Enfants de Dieu.
L’Eglise est en quelque sorte le chef-d’oeuvre du Christ. Au fond de toute sa vie, de tous ses actes, Jésus a en vue la gloire de son Père ; mais le chef d’oeuvre par lequel il doit procurer cette gloire, c’est l'Église. C’est l’amour de son Père a conduit le Christ sur la montagne du Calvaire, mais c’était pour y former l'Église et faire d’elle, en la purifiant par amour dans son sang divin, une épouse sans tache et immaculée.
D’où le fait qu’on ne va au Christ que par l'Église : nous n’appartenons au
Christ que si nous appartenons, de fait ou de désir, à l'Église ; nous ne vivons de la vie du Christ que dans l’unité de l'Église. C’est par l'Église nous sommes incorporés au Christ, puisque c’est par elle que passent les grâces. L'Église est tellement unie au Christ, elle possède tellement l’abondance de ses richesses, qu’on peut dire qu’elle est le Christ vivant à travers les siècles (vous connaissez tous cette phrase de Bossuet, et celle de Jeanne d’Arc...)
D’où l’image, chère à saint Paul, du corps.
Un corps organisé auquel nous appartenons
Quand Saint Paul persécute l'Église en emprisonnant les chrétiens, il entend sur la route de Damas une voix qui demande : « Saul, pourquoi me persécutes-tu ? ». Il répond : « Qui êtes-vous Seigneur ? ». Et le Seigneur lui dit : « Je suis Jésus que tu persécutes. ». Le Christ ne dit pas : « Pourquoi persécutes-tu mes disciples ? ». Si Jésus parle de la sorte, c’est bien parce que ses disciples lui appartiennent en propre ; parce que leur société forme son corps mystique. Aussi persécuter les âmes qui croient en Jésus-Christ, c’est persécuter le Christ lui-même.
Pourquoi y a-t-il de la laideur et du scandale dans l’Eglise ? Eh bien tout simplement parce que l’Eglise n’est pas excluante (on aurait envie de dire, pas discriminante...). L’Eglise est belle en soi, et rien ne peut la ternir dans ce qu’elle est. Mais dans ce qu’on en voit, effectivement, certaines choses, certains chrétiens, salissent son reflet. Mais ces pécheurs ont quand même le droit de faire partie de l’Eglise, et l’Eglise les sauve. Heureusement, parce que sinon personne de nous n’y serait…
S’adressant à de jeunes étudiants en droit de Vienne, le 3 juin 1956, Pie XII leur disait de façon presque provocatrice : « En fondant son Église le Christ n’a pas voulu simplement lancer un vague mouvement spiritualiste, mais édifier une société solidement organisée ». On dénature complètement l’Eglise en la présentant comme un beau groupe humanitaire. Parce que c’est beaucoup plus que ça, c’est bien plus beau que ça. L’Eglise ne nous ouvre pas le chemin vers les autres, elle n’est un pont horizontal. Elle nous ouvre vers Dieu, et c’est la seule, c’est une échelle verticale. C’est cette échelle mystérieuse dont la Bible parle à propos de Jacob, qui s’enfonce dans les nuages vers le Paradis, et sur laquelle montent des hommes et descendent des anges...
La Beauté de la communion des Saints
Léon XIII1 : « Une communication mutuelle de secours, d’expiations, de prières, de bienfaits entre les fidèles, soit ceux qui sont déjà en possession de la patrie céleste, soit ceux qui sont encore condamnés aux flammes expiatrices, soit enfin ceux qui sont encore voyageurs sur cette terre, mais qui ne forment tous qu’une seule cité ayant pour chef le Christ et pour forme la charité ».
On a l’habitude de distinguer deux aspects dans la Communion des Saints.
La communion des saints est un trésor dans lequel nous avons tous, depuis notre baptême, le droit de puiser tant que nous voulons. Chaque saint a ajouté des joyaux et des perles dans le coffre, et nous pouvons nous servir…
Il sera difficile de mesurer avant l’éternité ce que nous nous devons les uns aux autres dans le domaine surnaturel. Nous aurons la révélation dans l’au-delà de tous ceux qui ont prié pour nous au ciel et sur la terre. C’est une des plus perceptibles facettes de ce diamant qu’est la communion des Saints.
Conclusion :
Pensez à l’image du vitrail : de l’extérieur on ne voit rien, de l’intérieur c’est magnifique. Par le baptême, nous sommes rentrés dans la cathédrale de l’Eglise : nous pouvons donc contempler sa beauté. Il suffit de regarder : levons les yeux et admirons les vitraux au lieu de regarder nos pieds.
Qu’est-ce qu’il nous reste à faire ? Contempler la beauté, oui, sans doute, mais pas seulement. Il faut la décrire, la faire connaître, cette beauté ! Je vous assure qu’il y a peu de choses aussi belles que de faire aimer l’Eglise, parce que c’est faire aimer Dieu.
Pie XII (17 février 1942) : « Ô Sainte Église Catholique, par la grâce de l’Esprit-Saint nous croyons que tu es, que tu vis, que tu « souffres, combats et vis et que tes tentes se déploient d’une mer à l’autre ». Credo Sanctam Ecclesiam Catholicam. Montrez-la, ô chers fils, cette Église, mère des âmes, visible sur la montagne, lumière des peuples, visible dans sa vie, dans son histoire, dans ses luttes et dans ses triomphes, dans son culte, ses sacrements, ses ministres, sa hiérarchie ; visible en cette Rome où le Vicaire du Christ est le centre de son unité et la source de l’autorité, comme celui à qui doivent être unis tous les autres pasteurs et de qui ils reçoivent immédiatement leur juridiction et leur mission. Il lui appartient de les confirmer dans la Foi, en tant que premier et universel Pasteur, et Pasteur des Pasteurs, de prévenir et de corriger les abus, de garder inviolable le dépôt de la doctrine du Christ et de la Sainteté de la morale, de condamner authentiquement l’erreur »
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